Libye : la commission “6+6” annonce à Bouznika un compromis sur les lois électorales

La commission mixte “6+6”, chargée par la Chambre des représentants et le conseil d’État libyens de préparer les lois électorales, a annoncé, dans la nuit de mardi à mercredi à Bouznika, que ses membres sont parvenus, au terme de deux semaines de réunions au Maroc, à un compromis au sujet des lois régissant les élections présidentielles et parlementaires prévues en fin d’année.

Par

Les accords de Skhirat, signés le 17 décembre 2015 par 14 pays, cherchaient à mettre fin aux revendications de légitimité en Libye, alors qu’aucun pouvoir central n’exerçait son autorité sur l’ensemble du territoire. Crédit: MAP

L’accord définitif au sujet de ces lois sera débattu dans les prochains jours en présence des présidents de la Chambre des représentants et du conseil d’État libyens, a indiqué Jalal Shwehdi, membre de la Chambre des représentants, lors de la séance de clôture des travaux de la commission 6+6, à laquelle ont pris part Omar Abu Lifa, membre du Haut Conseil d’État, et Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Shwehdi a hautement salué le rôle joué par le Maroc pour la réussite de ce dialogue et pour parvenir à des compromis sur les lois électorales précitées, assurant que la commission n’a subi aucune pression de l’étranger.

Pour sa part, Abu Lifa a affirmé que les membres de la commission sont parvenus à un compromis sur l’ensemble des points de divergence relatifs aux lois électorales, précisant que deux lois ont été élaborées, dont la première concerne l’élection du parlement (Chambre des représentants et Sénat), alors que le deuxième texte porte sur l’élection du chef de l’État.

Il ne reste que la publication officielle des lois par la Chambre des représentants telle que stipulée par l’amendement 13 de la déclaration constitutionnelle pour entamer le processus électoral, a-t-il fait savoir.

à lire aussi

Les points en suspens ont fait l’objet d’un compromis sans aucune ingérence étrangère, a-t-il précisé, expliquant que ces lois n’interdisent à aucune personne de participer au processus électoral et ne prévoient pas d’exclusion, de même qu’elles offrent l’opportunité aux partis politiques de jouer un rôle fondamental dans le processus électoral.

Les deux lois appuient une participation agissante de la femme dans la Chambre des représentants et le Sénat et élargissent la représentativité régionale du pays, puisque toutes les zones reculées et les villages sont représentés au parlement.

Abu Lifa a, en outre, exprimé sa reconnaissance et sa gratitude au Maroc qui a fortement appuyé la mission de la commission, relevant que les “efforts réussis” du Royaume ont largement favorisé l’accomplissement de cette mission.

Le Royaume du Maroc poursuit ses efforts en vue de trouver une solution définitive à la crise libyenne de sorte à garantir l’unité, la stabilité et le progrès de la Libye, en soutenant ses actions visant à organiser des élections dans un cadre global, inclusif et pragmatique.

La réunion de Bouznika s’inscrit dans le prolongement de la série de rencontres qu’abrite le royaume, réunissant les différentes parties libyennes en vue d’approfondir le dialogue sur les voies et moyens à même de mener au règlement de la crise dans ce pays, suivant une approche qui fournit l’espace idoine pour le dialogue et la concertation constructive.

Ces réunions avaient donné lieu à d’importants accords favorables au processus de règlement, à leur tête l’accord de Skhirat (2015), l’accord entre le président de la Chambre des représentants, Akila Saleh, et le président du Haut Conseil d’État libyen, Khalid El Machri en octobre 2022 sur la mise en œuvre des résultats du processus de Bouznika concernant les postes de souveraineté et l’unification du pouvoir exécutif.

Le Maroc considère que le règlement de la question de la légitimité en Libye ne peut avoir lieu qu’à travers des élections présidentielle et législatives qui permettront au peuple libyen de choisir à qui confier le pouvoir de la gouvernance politique dans le pays.

(avec MAP)