Il s’en souvient, c’était le 11 décembre 1990. Jean-Claude Martinez, ancien conseiller fiscal du roi et député européen sous les couleurs du Front National assiste à une rencontre peu usuelle au palais de Rabat : celle de Hassan II et Jean-Marie Le Pen. À rencontre atypique, introduction atypique.
“Je m’en souviens comme si c’était hier, Sa Majesté a commencé par dire à Le Pen ‘Monsieur le Président’. Là, j’ai cru qu’il allait s’évanouir”, relate le professeur de droit public. “Il était tellement ému que, sur la photo, il me tient la main”, s’amuse-t-il. “Les problèmes de votre pays viennent du fait que vous n’enseignez plus l’histoire”, aurait poursuivi Hassan II. “Ça a beaucoup plu à Jean-Marie Le Pen.”
L’ancien vice-président du Front National se souvient d’autant plus de ces échanges que c’est lui qui avait insisté pour que la rencontre ait lieu. Il avait longtemps insisté dans ce sens auprès du ministre de l’Intérieur Driss Basri et de l’ambassadeur du Maroc à Paris, Youssef Ben Abbès. Un soir, alors que Jean-Marie Le Pen, Jean-Claude Martinez et toute la délégation de leur parti au Parlement européen sont en réunion aux îles Canaries, “je reçois un appel téléphonique du ministre de l’Intérieur. Il me dit ‘Le patron (Hassan II) vient de donner le feu vert. Amène tous tes députés”, relate-t-il.