Taxe sur les superprofits. Rahhou dit aux pétroliers : “rendez l’argent”!

Marchés concentrés, marges élevées, concurrence neutralisée… dans son dernier avis, l’institution présidée par Ahmed Rahhou épingle les pétroliers et livre ses recommandations pour réguler le secteur.

Par et

TELQUEL

En attendant son rapport sur les soupçons d’entente qui pèsent sur les pétroliers – suspendu à une réforme du cadre législatif de l’institution -, le Conseil de la concurrence a publié le 26 août un avis sur les prix des carburants dans un contexte marqué par une hausse des prix de vente aux consommateurs “quasi généralisée, touchant presque tous les produits de base”.

Fin avril, l’instance dirigée par Ahmed Rahhou avait décidé d’étudier l’impact de la flambée des prix des intrants et des matières premières sur le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux. Sans surprise, les carburants figuraient en tête de liste des produits analysés par le secteur, d’autant que leurs prix à la pompe ont atteint, au cours des premiers mois de 2022, des niveaux records.

Cinq mois plus tard, le Conseil de la concurrence conclut que les marchés du gasoil et de l’essence sont “fortement concentrés, aussi bien en amont qu’en aval”. Conséquence, “la concurrence par les prix sur ces marchés est quasi inexistante, voire neutralisée”.

Alors que l’arrivée de nouveaux opérateurs augurait d’une nouvelle dynamique concurrentielle, le Conseil de la concurrence oppose un niet : “La structure et le fonctionnement concurrentiel de ces marchés sont restés pratiquement identiques à ceux hérités de l’époque où les prix étaient fixés par les pouvoirs publics”.

Ainsi, hormis la libéralisation des prix de vente, l’instance observe que les marchés “continuent de fonctionner selon le même schéma administratif de régulation, avec le même cadre légal et réglementaire, les mêmes intervenants, et presque le même mode de détermination des prix de vente et les mêmes procédures”.

Rapides à la hausse, (très) lents à la baisse

Chiffres, graphiques et tableaux à l’appui, l’avis du Conseil de la concurrence, long d’une centaine de pages, analyse longuement le fonctionnement concurrentiel des marchés du gasoil et de l’essence, tout en passant à la loupe la structure de leurs prix de vente et les marges réalisées.

“Les opérateurs n’ont répercuté que partiellement les baisses des cotations enregistrées au niveau international”

Conseil de la concurrence

A la lumière de ces données, l’instance présidée par Ahmed Rahhou constate “une forte corrélation entre les cours du baril de pétrole brut, les cotations des produits raffinés et les prix de vente sur le marché national” durant les années 2018 et 2019. En revanche, cette corrélation s’affaiblit par la suite, durant les années 2020, 2021 et les quatre premiers mois de 2022.

Exemple : en 2020, les cours du baril de pétrole brut ont chuté de 34%, tandis que les cotations FOB (Free on board, c’est-à-dire sans frais de transport et autres assurances) du gasoil ont baissé de 36%. Pourtant, les prix de vente sur le marché national n’ont diminué que d’environ 12%. Conclusion du Conseil de la concurrence : “Les opérateurs n’ont répercuté que partiellement les baisses des cotations enregistrées au niveau international”. Lire la suite…

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