Le cinéma d’Elia Suleiman ou le burlesque du conflit israélo-palestinien

Avec son style très singulier teinté d’humour noir et caustique, le cinéaste palestinien Elia Suleiman dénonce la violence humaine sous toutes ses formes.

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Scène de "Chronique d'une disparition", d'Elia Suleiman. Crédit: DR

Le cinéma d’Elia Suleiman est un cinéma du détail qui se répète sans cesse. Un cinéma construit autour de plusieurs tableaux, qui scrute la vie quotidienne des Palestiniens dans toute son absurdité. Un quotidien où rien n’est narré, mais qui donne à voir des situations ordinaires devenant soudainement tout à fait loufoques. Elia Suleiman ne raconte pas la Palestine mais les Palestiniens, forcés à vivre sous occupation et à survivre malgré les coups durs de chaque jour. Il filme les gestes répétitifs des garagistes, des jeunes dans la rue, des grands-pères devant leur télévision, les discussions des vieilles femmes et la vie des amants, dans l’impossibilité de s’aimer sereinement. Le tout sur un ton humoristique, comme pour témoigner de la vie à laquelle ils sont assignés depuis 1948. Contrairement à d’autres cinéastes palestiniens comme Michel El Khelifi ou Hani Abou Al Assad, qui adoptent un ton plus sérieux, Elia Suleiman nargue le conflit israélo-palestinien avec ses images…

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