“Paradoxalement plus libres que dans les colonies”. La condition des travailleurs coloniaux durant la Première Guerre mondiale

Épisode 2. À leur arrivée, les travailleurs coloniaux et chinois font face à une politique d’assignation raciale. Regroupés en brigades, ces hommes vont travailler et vivre ensemble un quotidien militarisé où loisirs et déplacements sont contrôlés, pour éviter les contacts entre populations.

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Guerre 1914-1918. "Les travailleurs coloniaux et étrangers dans nos manufactures de guerre", région de Lyon, mi-septembre 1916. Marocains poussant un chariot de gros obus. Photographie parue dans le journal "Excelsior" du dimanche 17 septembre 1916. Crédit: DR

Plongée dans une guerre totale, la France mobilise les femmes pour remplacer les hommes partis au front. Face au besoin urgent en main-d’œuvre, l’État devient l’unique recruteur et embauche plus de 500.000 personnes hors de sa métropole, pour participer à l’effort de guerre.

Les étrangers, les coloniaux et les Chinois

Les autorités divisent les travailleurs en deux catégories. Les étrangers ou main-d’œuvre blanche et européenne (Espagne, Italie, Grèce…). Et les “coloniaux” ou “indigènes” issus des colonies et protectorats français (Maroc, Sénégal, Indochine…), auxquels s’ajoutent les Chinois, bien qu’ils ne dépendent pas de l’empire colonial français. Avant la guerre, des travailleurs coloniaux sont déjà présents en métropole. Mais “cette main-d’œuvre reste méconnue en France”, nous explique Laurent Dornel, historien travaillant autour de la question des travailleurs durant la Première Guerre mondiale. L’image des “indigènes” reste bloquée…

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