Restriction de visas, déclarations de Macron : retour sur cinq jours de tensions entre l’Algérie et la France

Les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France traversent une période de fortes turbulences. De la décision de Paris de réduire le nombre de visas octroyés au pays du Maghreb à la décision d’Alger d’interdire aux avions militaires français d’accéder à son espace aérien, retour sur cinq jours de tensions.

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AFP

Le courant ne passe plus entre l’Algérie et la France. Depuis quelques jours, les deux pays enchaînent les mesures diplomatiques l’un contre l’autre pour exprimer leur mécontentement. Dernière décision prise par Alger, l’interdiction des avions militaires français de survoler son espace aérien. Une décision qui impacte directement l’opération militaire Barkhane, menée au Sahel et au Sahara par l’Armée française.

Migrants maghrébins et menaces françaises

Le 29 septembre, le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, annonçait sur les ondes d’Europe 1 que l’octroi de visas par la France allait être “durci d’ici quelques semaines pour les ressortissants du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, qui ‘refusent’ de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés de France”.

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Dans la foulée, le ministère algérien des Affaires étrangères a décidé de convoquer l’ambassadeur de France en Algérie pour protester contre cette décision. L’ambassadeur, François Gouyette, s’est vu notifier “une protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France”, a précisé la diplomatie algérienne dans un communiqué.

Quatre jours après, c’est Emmanuel Macron qui a provoqué la colère de l’Algérie à cause des déclarations tenues devant des descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie. Les médias locaux reprenaient largement ce samedi un article du journal français Le Monde, qui rapporte que le président français a estimé durant cette rencontre qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’était construite sur “une rente mémorielle”, entretenue par “le système politico-militaire”. Il a également évoqué “une histoire officielle”, selon lui “totalement réécrite”, qui “ne s’appuie pas sur des vérités” mais sur “un discours qui repose sur une haine de la France”.

Riposte algérienne

Quelques heures plus tard, Alger annonçait le rappel de son ambassadeur en France. “À la suite des propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribué nommément au Président de la République française, l’Algérie exprime son rejet catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos”, a indiqué la présidence algérienne dans un communiqué.

“L’Algérie exprime son rejet catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos”

Communiqué de la présidence

C’est la deuxième fois qu’Alger convoque son ambassadeur à Paris depuis mai 2020 lorsque l’ambassadeur de l’époque, Salah Lebdioui, avait fait l’objet d’un rappel “immédiat” après la diffusion d’un documentaire sur le mouvement de contestation prodémocratie Hirak, diffusé sur France 5 et la chaîne parlementaire.

Dernier acte de représailles, la décision de l’Algérie de fermer son espace aérien aux avions militaires français. Le 3 octobre, le porte-parole de l’état-major français, le colonel Pascal Ianni, a déclaré à l’AFP avoir appris que “les Algériens fermaient le survol de leur territoire aux avions militaires français”, qui empruntent habituellement l’espace aérien algérien pour rejoindre le Sahel, où sont déployés 5000 militaires français.

(avec AFP)

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