Afghanistan : les talibans disent contrôler une majeure partie du territoire et des frontières

Lors d’une conférence de presse à Moscou, un représentant taliban a annoncé la prise de contrôle de 85 % de l’Afghanistan par les insurgés. Cette déclaration a été faite quelques heures après le discours du président américain, Joe Biden, justifiant le retrait définitif des troupes américaines d’Afghanistan, près de vingt ans après leur arrivée.

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Les dirigeants du mouvement taliban et les négociateurs Abdul Latif Mansoor (à droite), Shahabuddin Delawar (au centre) et Suhail Shaheen (à gauche) marchent pour assister à une conférence de presse à Moscou le 9 juillet 2021. Crédit: Dimitar DILKOFF / AFP

Les talibans continuent leur offensive à travers le pays des cavaliers. Ils ont affirmé vendredi 9 juillet occuper 85 % de l’Afghanistan. Shahabuddin Delawar, un représentant taliban, a déclaré lors d’une conférence de presse à Moscou qu’environ 250 des 398 districts du pays étaient désormais sous le contrôle des insurgés. Ces allégations n’ont pas pu être confirmées par une source indépendante, précise l’AFP.

Quelques heures après, les talibans ont fait savoir que Torghundi, un poste-frontière majeur avec le Turkménistan situé dans la province afghane de Herat (ouest), était entre leurs mains. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur afghan, Tareq Arian, a quant à lui admis que les forces de sécurité afghanes ont temporairement quitté les lieux et que des efforts étaient en cours pour tenter de le reprendre.

Cette annonce a été faite après celle de la prise d’Islam Qala par les talibans le matin même. Il est le poste-frontière avec l’Iran le plus important d’Afghanistan. Situé aussi dans la province de Hérat, c’est par celui-ci que transite la majorité du commerce légal avec l’Iran. “Le poste-frontière d’Islam Qala est complètement sous notre contrôle et nous le remettrons en activité aujourd’hui« , a indiqué Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban à l’AFP.

Ces deux postes-frontières d’envergure s’ajoutent à la capture, le 22 juin dernier, de Shir Khan Bandar, le principal poste-frontière entre l’Afghanistan et le Tadjikistan. C’est le poste-frontière le plus symbolique. Il contrôle l’accès à tous les pays d’Asie Centrale et au-delà, la Russie et la Chine.  Les talibans “contrôlent actuellement environ deux tiers de la frontière avec le Tadjikistan”, a affirmé vendredi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors de la venue d’une délégation talibane à Moscou.

Départ des troupes américaines

Les forces afghanes, désormais privées du crucial soutien aérien américain, ont perdu beaucoup de terrain depuis le début de l’offensive des insurgés en mai. Elles ont assuré avoir reconquis la première capitale provinciale prise cette semaine par les insurgés, Qala-i-Naw (nord-ouest).

La veille de ces prises par les talibans, le président américain Joe Biden a défendu le retrait des troupes américaines de l’Afghanistan. “Notre mission militaire en Afghanistan s’achèvera le 31 août, a déclaré le président américain lors d’un discours à la Maison Blanche. Même si la date butoir est dans un mois et demi, l’armée américaine a déjà retiré près de 90% de ses troupes. Marquant la fin d’une présence de plus de deux décennies. Joe Biden a en outre déclaré qu’il n’était pas “inévitable que ce pays tombe aux mains des talibans estimant que les autorités afghanes ont “la capacité d’assurer la continuité du gouvernement.

À ce jour, les négociations officielles de Doha entre les talibans et l’État afghan sont au point mort alors que les insurgés n’ont jamais été aussi puissants depuis qu’ils ont été renversés par la coalition internationale dirigée par les États-Unis fin 2001.

(Avec AFP)

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