Maigre “bilan d’étape” d’El Othmani au Parlement, en l'absence de la plupart de ses ministres

Saâd-Eddine El Othmani a exposé un bilan d’étape de l’action gouvernementale ce mardi 6 juillet en séance plénière conjointe des deux chambres du Parlement. Il a tenu à refléter l’image d’une majorité “unie”, malgré l’absence de plus de la moitié de ses ministres. Un bilan plus détaillé doit voir le jour prochainement, porté indépendamment par chaque ministre en exercice.

Par

Masque sur l'oreille, grand oral d’El Othmani au Parlement, le 13 avril 2020. Crédit: MAP

C’était une séance annuelle prévue par l’article 101 de la Constitution, réservée par le Parlement à la discussion et à l’évaluation des politiques publiques. Le Chef du gouvernement s’est présenté ce mardi 6 juillet au parlement, soutenu par les ministres PJD, MP et UC.

Visible et commentée, l’absence des ministres RNI et de l’USFP à ce rendez-vous a forcé Saâd-Eddine El Othmani à livrer son impression. “Comme je l’ai déjà dit, c’est le bilan de toutes les composantes du gouvernement et de ses membres, et ce n’est pas le résultat d’un parti sans l’autre, ou d’un ministre sans l’autre, ou d’un secteur sans l’autre, comme certains le prétendent”, a-t-il avancé.

Commissions tous azimuts

Le Chef du gouvernement a estimé que le travail de sa majorité se poursuit “à un moment où la rhétorique de la sous-estimation et du désespoir se propageait de toute part, où un certain nombre de rumeurs se répandaient. Mais notre détermination reste plus forte”. Quatre ans et demi après avoir formé sa majorité, El Othmani a assuré qu’il continuerait à assumer sa responsabilité “jusqu’au dernier jour”.

Saluant le rendement de tous les ministres de son gouvernement, il a également défendu “un plan exécutif” qui comprend des objectifs et des mesures prises dans chaque secteur. Certes vivement critiquée par l’opposition reprochant à El Othmani son manque d’autorité sur sa majorité gouvernementale, cette méthodologie a abouti selon lui “à la préparation du plan exécutif et à la mise en place d’une Commission ministérielle qui suit le programme gouvernemental, en plus d’avoir créé une cellule de communication au sein de la Chefferie du gouvernement pour suivre la mise en œuvre de ce programme”.

Il a en ce sens noté que les réunions de cette commission ministérielle “ont été organisées malgré les conditions imposées par la pandémie”, ajoutant que les réalisations du gouvernement ont été possibles “grâce à cette implication collective de ses membres”.

Chacun pour soi

Le successeur d’Abdelilah Benkirane à la tête de l’Exécutif a en outre a souligné devant les députés et conseillers du Parlement que les membres du gouvernement ont convenu précédemment lors de la quatrième réunion de la Commission ministérielle de suivi du programme gouvernemental, le 25 mai 2021, que chaque membre du gouvernement communique son résultat sectoriel”.

Ce sera, pour lui, la meilleure façon pour détailler les réalisations accomplies car cette présentation d’ensemble ne permet pas d’aller dans les détails”. El Othmani reste convaincu que son mandat touchant à sa fin “est exceptionnel à tous points de vue”, particulièrement en raison de la pandémie du Covid-19.

Côté affaires étrangères, il a touché un mot sur la diplomatie marocaine qui, “sous la houlette et les directives du roi Mohammed VI, a remporté des succès successifs qui ont immobilisé les adversaires de l’intégrité territoriale au niveau international, renforcé la présence marocaine sur le continent africain, et révélé au grand jour les ruses et les fausses revendications de nos opposants”. L’ouverture de 22 consulats étrangers à Dakhla et à Laâyoune reflète, d’après El Othmani, la teneur de ce succès diplomatique.

Pas de remords

Le Chef du gouvernement s’est enfin dit prêt pour la reddition des comptes. “Autant nous sommes fiers du résultat positif, honorable, et même sans précédent dans un certain nombre de secteurs, autant nous sommes prêts à la discussion et acceptons la critique et la prise de responsabilité”.

S’exprimant toujours à la première personne du pluriel, il a ajouté que “nous sommes conscients que les attentes et les aspirations des citoyens sont très grandes… mais nous pensions que nous n’avions ménagé aucun effort pour servir notre pays et travailler dur pour le développer pour le mieux sous la houlette du roi Mohammed VI”. Le chef du gouvernement s’est dit conscient qu’il aurait pu mieux faire et s’est approprié un adage populaire : “celui qui prétend que la bouillie est froide n’a sûrement pas mis son doigt dedans”.

article suivant

Qui de Nizar Baraka ou de Chakib Benmoussa assurera le suivi du nouveau modèle de développement ?