La justice marocaine autorise l’extradition d’Osama Al-Hasani vers l’Arabie saoudite

Les craintes de ses proches se précisent depuis que la Cour de cassation marocaine a autorisé l’extradition du Maroc vers l’Arabie saoudite d’Osama Al-Hasani, faisant planer le spectre d’une autre affaire Khashoggi, selon ses soutiens.

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Sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par Riyad, Osama Al-Hasani a été arrêté le 8 février 2021 quelques heures après son arrivée à l’aéroport de Casablanca alors qu’il rendait visite à son épouse et à leur bébé de quatre mois. Crédit: DR

Le “miracle” d’une intervention du roi Mohammed VI : en désespoir de cause, c’est le dernier appel de son épouse pour qu’Osama Al-Hasani ne soit pas extradé vers l’Arabie saoudite. “J’espère toujours qu’un miracle va se produire et j’ai toujours confiance qu’il y a des sages dans ce pays dirigé par le roi du Maroc qui ne permettront pas que cela se produise”, confie-t-elle dans les colonnes de The Guardian.

Mercredi 10 mars, au terme d’un procès dont les auditions ont démarré lundi dernier, la Chambre criminelle de la Cour de cassation à Rabat a émis un avis favorable à l’extradition de cet Australien d’origine saoudienne.

Dernière étape avant sa remise aux autorités judiciaires saoudiennes, la signature d’un décret du Chef de gouvernement pour finaliser la procédure d’extradition. En attendant, ses soutiens s’activent pour empêcher que cet ancien consultant pour le compte de deux ministères saoudiens ne soit extradé vers son pays d’origine.

Les autorités saoudiennes ont demandé l’extradition d’Osama Al-Hasani, car elles le soupçonnent de faire partie d’une campagne d’activisme contre le pouvoir saoudien, indique la plateforme “Prisoners of Conscience”.Crédit: Prisoners of Conscience / Twitter

Le 8 février dernier, quelques heures après son arrivée à l’aéroport de Casablanca, Osama Al-Hasani avait été arrêté en application d’un mandat d’arrêt international. Il avait ensuite été incarcéré à la prison de Tiflet dans l’attente de sa comparution devant la Cour de cassation. Se prévalant d’une convention avec le Maroc signée en 1983, la justice saoudienne avait ensuite demandé l’extradition immédiate d’Osama Al-Hasani pour des faits de crimes financiers présumés.

L’affaire avait déclenché une vive campagne sur les réseaux sociaux, portée par la plateforme “Prisoners of Conscience”, qui indique que les autorités saoudiennes ont demandé l’extradition d’Osama Al-Hasani, car elles le soupçonnent de faire partie d’une campagne d’activisme contre le pouvoir saoudien.

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Dans des précédentes déclarations, l’épouse marocaine d’Osama Al-Hasani avait fait part de ses inquiétudes au sujet de son mari s’il venait à être extradé vers Riyad. Elle ne s’était pas gênée pour comparer le cas d’Osama Al-Hasani à l’affaire Jamal Khashoggi, ce journaliste saoudien assassiné en 2018 à l’intérieur du consulat saoudien d’Istanbul.

L’ONU pour empêcher une extradition

Pour l’heure, on ne sait pas quand Osama Al-Hasani sera remis aux autorités saoudiennes puisque le décret du Chef de gouvernement n’a pas encore été émis. C’est justement sur cette incertitude que joue son équipe d’avocats pour multiplier les procédures et les appels visant à empêcher l’extradition. Sur un volet judiciaire, Haydee Dijkstal, l’avocate britannique d’Osama Al-Hasani, fait savoir qu’une procédure auprès des départements des droits de l’Homme de l’ONU pourrait être enclenchée.

“Les rapporteurs spéciaux de l’ONU sont appelés à prendre des mesures urgentes pour protéger la vie, la sécurité et les droits de M. Al-Hasani en soulevant son cas auprès des autorités marocaines”

Haydee Dijkstal, avocate d’Osama Al-Hasani

“Les rapporteurs spéciaux de l’ONU sont donc appelés à prendre des mesures urgentes pour protéger la vie, la sécurité et les droits de M. Al-Hasani en soulevant son cas auprès des autorités marocaines, et le gouvernement australien est appelé à s’opposer publiquement à l’extradition de son propre ressortissant vers l’Arabie saoudite”, confie-t-elle au Guardian.

Jusque-là discrète dans cette affaire, l’Australie n’a pas officiellement pris position. Sa diplomatie s’est contentée d’expliquer dans des déclarations à la presse qu’elle apportait l’assistance consulaire nécessaire à Osama Al-Hasani qui a présenté son passeport australien à l’aéroport. Selon d’autres sources, une équipe consulaire australienne a rendu visite à Osama Al-Hasani à deux reprises avant le début de son procès.

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