François Burgat : “Le destin des Yéménites leur a échappé des mains dès le début du conflit”

Dix ans après le début du soulèvement populaire au Yémen, le pays s’enlise dans la pire crise humanitaire au monde. Une crise aggravée par la guerre qui sévit depuis 2015, provoquant la mort de 230.000 personnes et dont l’issue semble plus que jamais incertaine.

Par

“Cette guerre est un échec total”, assure François Burgat, qui explique que “le Yémen du nord est un territoire de montagnes (...), une série de citadelles qui ne se prêtent pas à une guerre conventionnelle avec des blindés”. Crédit: AFP

C’est la pire crise humanitaire au monde selon l’Organisation des Nations Unies, et pourtant, les yeux du monde regardent ailleurs. Dix ans après que des milliers de Yéménites ont battu le pavé pour demander le départ d’Ali Abdallah Saleh, leader autocratique pendant près de quatre décennies, le Yémen n’a toujours pas opéré sa reconstruction. Depuis 2015, le conflit fait rage entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, et les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie Saoudite et sa coalition militaire appuyée par les Etats-Unis. Une guerre qui s’enlise et dans laquelle les fractures tribales et territoriales internes sont instrumentalisées par les parties au conflit. Mais les dernières annonces du président américain Joe Biden, où il retirait le soutien logistique de son pays à l’Arabie Saoudite, pourraient rebattre les…

article suivant

Le Canada prolonge la suspension des vols en provenance du Maroc