Penguin Bloom : Naomi Watts et l’oiseau guérisseur

Tourné en huis clos, Brillamment interprété par Naomi Watts, ‘Penguin Bloom’ est l’histoire de Sam Bloom, une battante qui a su dépasser sa paralysie pour vivre pleinement sa vie.

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Penguin Bloom
‘Penguin Bloom’, de Glendyn Ivin, est un film sur la solitude, la douleur, mais aussi sur la force qui réside en chacun de nous. Crédit: DR

Sam Bloom est une infirmière aimante et passionnée de surf. Elle avait rencontré l’amour de sa vie avec qui elle s’est mariée et a eu trois enfants. Une vie stable et heureuse.

Tout bascule lors d’un voyage en Thaïlande, où Sam tombe du premier étage de leur maison de vacances. Après le passage à l’hôpital, le diagnostic est donné : elle est paralysée de la poitrine jusqu’aux jambes.

Le drame absolu pour cet être plein d’enthousiasme. Sam doit désormais faire face à son propre démon : l’immobilité.

Le film nous donne à voir une autre facette du personnage : elle est désormais dépressive, haineuse, désagréable et provocatrice. Malgré les efforts de sa famille pour la soutenir, rien n’y fait. Elle ne veut plus rien de cette vie qu’elle aimait pourtant du plus profond de son être.

L’oiseau sauveur

Mais un miracle va se produire. Une pie, trouvée par la fille de Sam, va s’installer à la maison.

Penguin Bloom (2020), de Glendyn Ivin
Penguin Bloom (2020), de Glendyn Ivin et avec Naomi Watts est disponible en ligne.

Encore à l’âge où il ne sait pas encore voler, l’oiseau va tout faire pour installer une relation avec Sam. Et, par extension, l’aidera à renouer sa relation tendue avec sa famille.

Surtout avec sa fille qui est rongée par la culpabilité. Elle se sent responsable de l’accident de sa mère.

Soudain, d’un film réaliste, nous sommes passés à un univers plein de fantaisie. L’intelligence de ce film réside dans l’établissement de ce parallèle entre Sam et la pie.

L’oiseau, devenu un élément central de l’histoire, cherche chaque jour à apprendre à voler au même titre que Sam, prenant exemple sur lui, bataille pour sortir de sa chambre à coucher et de son obscurité pour réapprendre à vivre pleinement.

Capter l’invisible

Comment vit une personne qui n’arrive plus à se déplacer ? La caméra du cinéaste australien Glendyn Ivin ne pose que cette question à travers la première moitié du film.

Filmant constamment en plan large, elle ne cesse d’accentuer la dépression et la solitude que vit Sam dans cette maison devenue comme un espace immense.

Chaque déplacement de Sam est une sorte de chorégraphie difficile à réaliser

Chaque déplacement de Sam est une sorte de chorégraphie difficile à réaliser. Un choix de mouvements de caméra patients et lents qui mettent le point sur des gestes anodins auxquels nous ne faisons pas attention en temps normal.

Comme si le cinéaste nous expliquait que la faculté de se déplacer est un don en soi. S’inspirant de l’histoire vraie de la famille Bloom, Glendyn Ivin a réussi à entrer dans l’intimité de celle-ci pour nous décrire un foyer après une tragédie.

Penguin Bloom est un film sur la solitude, la douleur, mais aussi sur la force qui réside en chacun de nous pour se dépasser et continuer à vivre malgré tout.

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