Ligue des Champions africaine : deux pandémies s’invitent dans le groupe du Wydad

Le Wydad Athlétic Club n’a pas pu disputer samedi dernier son match prévu contre les Sud-Africains de Kaizer Chiefs, faute d’autorisation du gouvernement marocain. Un premier épisode d’un long feuilleton où l’intérêt sanitaire prime sur l’enjeu sportif.

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Le Wydad participe pour la septième fois de son histoire à la Ligue des Champions africaine sous son nouveau format, la sixième de suite. Si le groupe composé des Sud-Africains de Kaizer Chiefs, des Guinéens du Horoya Conakry et des Angolais du Pétro Atletico semblait abordable pour le représentant du football marocain, il se transforme aujourd’hui en “groupe de la mort”. Un terme qui renvoie dans ce cas à la situation sanitaire des trois pays où le WAC doit se rendre, et non pas à la ténacité des adversaires, comme le veut l’usage du jargon footballistique.

Une première mi-temps contre le variant sud-africain

Le premier match de poule oppose le Wydad aux Sud-Africains de Kaizer Cheifs, rival historique des Mamelodi Sundowns, que les Rouges et Blancs ont affronté huit fois durant les quatre dernières années. Initialement prévu le 13 février au stade Mohammed V de Casablanca, le match a tout d’abord été reporté, avant d’être délocalisé du Maroc.

Dans un courrier adressé par la Confédération africaine de football (CAF) à la Fédération royale marocaine de football (FRMF) le 10 février dernier, l’instance continentale informe avoir été contactée par le WAC au début du mois au sujet de la fermeture des frontières marocaines aux voyageurs provenant de l’Afrique du Sud, et demande à l’organisme dirigé par Fouzi Lekjaa de trouver une solution urgente, en raison du calendrier serré de la compétition, en vain. Les autorités marocaines ont maintenu le refus d’accueillir la délégation sud-africaine, obligeant la CAF à annuler la rencontre, alors que les Kaizer Chiefs s’apprêtaient à embarquer.

Le Wydad sur le toit de l’Afrique. Finale de Ligue des Champions 2017, Casablanca.Crédit: DR

Le 14 février, la CAF s’est adressée à nouveau à la FRMF, pour l’informer de son obligation de trouver en 24 heures un dimanche, un terrain dans un pays neutre, capable d’organiser le match sous un délai de moins d’une semaine et de garantir l’accès à la délégation sud-africaine. Si la mission semblait impossible au début, comme le montre la réponse de la FRMF, la situation a pu être débloquée in extremis, évitant ainsi au Wydad la défaite administrative. Dans un communiqué publié le soir même sur sa page Facebook, le club présidé par Said Naciri a tenu à remercier Fouzi Lekjaa pour ses efforts et les autorités égyptiennes pour avoir accepté d’accueillir la rencontre.

Sauf que la situation semble loin d’être dénouée. Ce 16 février, l’équipe de Kaizer Cheifs a publié un communiqué sur son site, annonçant l’impossibilité de se rendre en Égypte ce milieu de semaine. Les Sud-Africains avancent comme raisons le délai d’une semaine pour l’octroi des visas pour l’Égypte et les difficultés de trouver des vols en temps de pandémie. Selon nos confrères de TelQuel Arabi, le WAC a préparé toute la logistique pour se rendre en Égypte, et devrait rallier Le Caire dès ce 17 février. Wait and see.

La pandémie d’Ebola, invitée surprise

Pour le second match du groupe, le Wydad devra se rendre en Angola pour affronter le Petro Atletico le 23 février. La délégation marocaine s’y rendra directement du Caire, via le Qatar. Sauf que les nouvelles provenant de Luanda ne s’annoncent pas rassurantes pour le WAC : le week-end dernier, l’équipe tanzanienne du Namungo FC a été obligée par les autorités angolaises de se confiner dans une caserne militaire pour au moins trois jours ou de rebrousser chemin. Une décision qui a frôlé la crise diplomatique en s’invitant au parlement tanzanien. La CAF a pour sa part dû annuler la rencontre. Côté Wydad, une source au sein du club affirme à TelQuel Arabi que toutes les dispositions ont été prises et que l’équipe n’aura aucun mal à entrer dans la capitale angolaise. Cependant, Petro Atletico a publié ce 16 février sur sa page Facebook un communiqué annonçant que les membres de l’équipe entreront en confinement obligatoire de dix jours suite à leur voyage en Guinée, et ne pourront pas être présents contre le WAC. Le ballon est dans le camp de la CAF, qui ne saurait tarder à prendre une décision.

Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, deux mauvaises nouvelles ne viennent jamais sans une troisième pour le WAC. La Guinée, dernier pays prenant part au groupe, a déclaré officiellement qu’elle est confrontée à une épidémie d’Ebola après la mort d’au moins trois personnes à cause du virus. Une double confrontation est prévue entre les Rouges et Blancs et le Horoya, le 5 mars à Casablanca et le 16 du même mois à Conakry. Aucune information sur l’organisation de ces matchs n’a été communiquée par la CAF pour le moment. Les yeux des supporters sont désormais rivés sur les autorités marocaines, qui devraient traiter ce cas avec la même fermeté montrée avec le variant sud-africain du coronavirus. Un vrai défi sportif, diplomatique et logistique pour le WAC.

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