IA et Big data : l’Afrique risque une colonisation digitale

Alors que le continent est vu comme un territoire à conquérir pour les géants mondiaux du Web, il peine à voir émerger des acteurs locaux. Une cyberdépendance qui menace l’autonomie des États.

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Des sociétés comme Cambridge Analytica ou Groupe Archimède ont déjà tenté d’interférer dans des élections de pays africains, à partir de données personnelles recueillies. Crédit: RODGER BOSCH / AFP

Vaste et prometteur, le marché africain du digital aiguise les appétits. Avec une démographie en hausse, le continent, où seuls 34% de la population utilisent Internet, concentre un potentiel de croissance et de développement qui ne laisse pas indifférents les géants mondiaux du numérique. La question est de savoir quels sont les acteurs qui pourront bénéficier de ce futur eldorado des données, principal carburant pour les programmes d’intelligence artificielle (IA). En l’absence d’une législation exhaustive sur la cybersécurité et la protection des données personnelles, le risque est de voir les géants américains et chinois du secteur mettre la main sur le cyberespace africain, sans que cela profite à l’écosystème local.

Cybercolonisation

Expliquer la dépendance technologique de l’Afrique dans le secteur stratégique du traitement des données personnelles (Big data) et de l’IA est l’objectif du rapport publié par Saad Badaoui et Redouan Najah, deux chercheurs du Policy Center for…

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