Le vaccin AstraZeneca-Oxford autorisé au Maroc

Dans un document parvenu à TelQuel, le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb a donné son feu vert pour l’utilisation d’urgence du vaccin AstraZeneca.

Par et

Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, dans son bureau à Rabat. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, vient d’accorder, ce mercredi 6 janvier, l’“autorisation temporaire d’utilisation d’urgence” pour le vaccin développé par le laboratoire britannico-suédois AstraZeneca.

La commission nationale d’autorisation de mise sur le marché a rendu son avis positif pour une utilisation du produit le 4 janvier, selon un document parvenu à TelQuel. Cet aval signifie que la Direction du médicament et de la pharmacie, qui fait office de régulateur, a donné son feu vert pour l’utiliser.

Cette autorisation est effective pour une durée de douze mois. AstraZeneca est l’un des deux laboratoires pharmaceutiques pour lesquels le Maroc s’est engagé dans la course au vaccin. Le Maroc fait ainsi suite au Royaume-Uni qui avait annoncé la mise sur le marché du produit sur son sol le 30 décembre, suivi de l’Argentine quelques heures après, ainsi que de l’Inde, le 3 janvier.

Vaccin à vecteur viral

Initialement prévu pour “sécuriser l’approvisionnement du pays en quantités de vaccins suffisantes”, le vaccin développé par AstraZeneca est finalement le premier à être avalisé au Maroc.

Un mémorandum d’entente pour l’acquisition de vaccins “produits par la société russe R-Pharm”, sous licence du groupe britannico-suédois AstraZeneca basé à Oxford, avait été signé par le ministre de la Santé marocain le 18 septembre.

Avec AstraZeneca, le Maroc est dans une très bonne position. Il sera parmi les premiers pays à être servis”, expliquait Khalid Ait Taleb à TelQuel, dans une interview dans le courant du mois de décembre. Sept millions de doses étaient attendues d’ici la fin de l’année 2020, nous expliquait alors le ministre, sur un total de 25 millions venant du britannico-suédois.

Le vaccin AstraZeneca-Oxford a l’avantage d’être relativement bon marché puisqu’il coûte environ 2,50 euros (environ 27 dirhams).Crédit: Justin Tallis / AFP

Ce vaccin est l’un des plus prisés, notamment pour des raisons pratiques. Peu cher, la dose étant estimée à 2,50 euros, il présente également une logistique bien moins lourde puisqu’il peut être conservé à des températures comprises entre 2° degrés et 8° degrés Celsius.

Il s’agit d’un vaccin dit “à vecteur viral”. Il prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé), transformé et adapté pour combattre le Covid-19. Un virus “hybride” à partir d’un adénovirus “pas nocif pour l’homme”, expliquait à TelQuel Ahmed Aziz Bousfiha, et qui, “une fois dans le sang, stimulera le système immunitaire de l’être humain pour fabriquer des anticorps contre la protéine S”.

Pour l’administrer, deux doses sont nécessaires à 28 jours d’écart, contre 21 pour l’autre vaccin commandé par le Maroc, développé par le laboratoire chinois Sinopharm CNBG.

Quid de l’approvisionnement ?

D’après le document consulté, les doses du vaccin seront fournies par Serum Institut of India. Ce laboratoire indien est considéré comme le cinquième producteur mondial de vaccins, en terme de fabrication industrielle. Il a été chargé de fabriquer un milliard de doses pour les pays en développement.

D’après le PDG de la société, Adar Poonawalla, cité dans The Standard, des accords bilatéraux sont en cours de négociation avec certains pays pour qu’il soit “pris en charge” au niveau de la distribution. Parmi ces pays, le Maroc, mais aussi l’Arabie saoudite ou encore le Bangladesh. Le mémorandum d’entente signé courant septembre évoquait une fabrication par la société russe R-pharm.

Toutefois, une question reste en suspens concernant l’approvisionnement du vaccin côté indien. “Nous ne pouvons donner les vaccins qu’au gouvernement indien pour le moment”, a ajouté le Adar Poonawalla. Ainsi, les 100 premiers millions de doses qui sortiront de l’usine pharmaceutique seront destinées au gouvernement indien à un “prix spécial” de 200 roupies, soit environ 25 dirhams. D’après le PDG, les précieuses doses seront tout de même vendues à un prix plus élevé sur le marché privé : 1000 roupies (environ 120 dirhams).

article suivant

Rapport : le CESE plaide pour une politique d’innovation et une meilleure gestion du capital intellectuel