L’art du dépeçage de Paul Kawczak

Dans un brillant premier roman, Paul Kawczak décortique les tréfonds les plus sombres de l’horreur coloniale.

Par

Paul Kawczak
Paul Kawczak est romancier, poète et éditeur installé au Canada. Il est l’auteur de ‘L’extincteur adoptif’ (Moult éditions, 2015) et d’‘Un long soir’ (La Peuplade, 2017).

Réduire l’infini en politique”, telle est la mission qu’assume, à la fin du XIXe siècle, Pierre Claes, jeune géomètre belge au racisme ordinaire, sur les terres du Congo que se disputent les puissances européennes. Habile à “abaisser sur Terre les étoiles”, c’est à lui qu’incombe de les réduire au “tracé invisible d’un pouvoir arbitraire” et dessiner la frontière. À ses côtés, Xi Xiao, bourreau chinois maître dans l’art du tatouage, de l’acupuncture et du découpage des corps. “L’histoire qui suit n’est pas celle des victimes africaines de la colonisation. Celle-ci revient à leurs survivants. L’histoire qui suit est celle d’un suicide blanc dans un monde sans Christ ; celle d’un jeune homme oublié dans un labyrinthe de haine et d’aveuglement.”

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Pierre Claes, qui pensait être un “agent du progrès”, ne tarde pas à réaliser qu’il n’est rien d’autre qu’un “petit jean-foutre”. Croyant oublier son mal d’être, il se retrouve plongé au cœur d’un génocide, complice. Ténèbre
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