Abdelkrim Khattabi et l’art du portrait par Zakya Daoud

Sa biographie de Abdelkrim Khattabi en est à sa troisième édition. Retour sur ce genre littéraire 
et politique où excelle Zakya Daoud.

Par

Zakya Daoud
Zakya Daoud a été la rédactrice en chef de Lamalif de 1966 à 1988. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, biographies, essais et romans, dont Les Aït Chéris (Sirocco, 2018). Crédit: Toumi / Telquel

C’est l’histoire “d’une époque et d’un homme”. C’est l’histoire d’une fulgurance où s’entrelacent l’individu et le collectif, la petite et la grande histoires. Singulière et fascinante trajectoire que celle de Abdelkrim Khattabi, fils de cadi, formé à la Qaraouiyine puis au droit en Espagne, un temps journaliste à El Telegrama del Rif, devenu, après la victoire d’Anoual, l’emblème de la résistance du Rif. “Un homme dont la stratégie guerrière a ébranlé le système colonial alors à son apogée et dont la prescience politique de réformateur a jeté les bases d’un État pré-moderne et révolutionnaire pour son temps et ses moyens.” Abdelkrim Khattabi fut le codificateur de la guérilla comme art de la guerre, un idéal pour nombre de peuples en lutte dans le monde, du Brésil au Vietnam, en passant par les surréalistes, avant de rester dans les mémoires comme “un mythe et un tabou”, “sans filiation politique directe établie, avec même le refus acharné de cette filiation”.

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