Procédure judiciaire contre Banque Chaabi en Belgique: la Banque populaire n'a toujours pas eu accès aux éléments de l’enquête

Une semaine après la perquisition des agences de la Banque Chaabi du Maroc, en Belgique, la société mère, la Banque populaire, a tenu à apporter des éléments d’informations sur la situation en cours, sans pour autant lever les zones d’ombre autour de la saisine du Parquet fédéral belge.

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Le siège casablancais du groupe Banque populaire. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Trois agences ainsi que la succursale de la Banque Chaabi du Maroc (BCDM), une filiale de la Banque populaire (BP) en Belgique, ont été perquisitionnées par la police judiciaire sur ordre du Parquet fédéral, mardi 6 octobre. Le début d’un feuilleton sur lequel les précisions sont jusque-là restées minimes, tant du côté marocain qu’au sein des autorités du Plat Pays.

Des descentes simultanées ont été effectuées sur les sites bancaires du boulevard du Midi, de Molenbeek-St-Jean et d’Anvers. D’après plusieurs sources médiatiques à ce moment, les forces de polices belges soupçonneraient des activités bancaires non autorisées, une information que TelQuel n’a pu confirmer directement.

Reste que la première concernée, la Banque populaire, a fini par rompre son silence une semaine après les faits. Dans un communiqué publié ce mardi 13 octobre, la banque a confirmé que dans “le cadre d’une enquête ordonnée par un juge d’instruction, des perquisitions et auditions ont été effectuées au niveau de la succursale belge, tant au niveau de son siège que de ses agences”.

Saisie de documents et matériel informatique

Elle explique ainsi que les forces de police belges “ont effectué des saisies” de documents bancaires et de matériel informatique, dans le cadre de cette enquête ouverte à son encontre. “Des collaborateurs ont été entendus en qualité de témoin”, précise le communiqué de la BP. Contactée par TelQuel, la Banque populaire n’a pu nous confirmer l’identité des collaborateurs mentionnés. Le nombre des personnes entendues par les autorités belges, dans le cadre de l’enquête, nous est encore inconnu.

Le management de Banque Chaabi du Maroc n’a pas encore eu accès aux éléments du dossier d’enquête, et ne dispose pas à ce jour d’informations précises à ce sujet”, se justifie la banque. Également contacté par TelQuel, le Parquet fédéral belge, en charge de l’affaire, s’est refusé à toute explication “pour l’heure”. “Nous ne tenons pas à donner des informations sur une enquête en cours”, explique une source autorisée côté belge, arguant qu’il faut également tenir compte de “la présomption d’innocence”.

De son côté, le groupe bancaire indique que “les quatre agences de la succursale continuent à servir la clientèle dans les conditions normales”, tout en promettant de communiquer sur l’enquête “dès que de nouvelles informations seront disponibles”. L’occasion pour lui de rappeler, dans le même communiqué, que les activités de sa succursale belge “sont connues des autorités de tutelle et que ses collaborateurs travaillent dans un cadre juridique et opérationnel clair, transparent et encadré par des procédures strictes, dans le respect de la loi et des bonnes pratiques du système bancaire belge”.

LA BCDM est une filiale de la Banque populaire installée en Europe, avec pour principales missions de permettre le financement du commerce extérieur. D’abord présente en France, à Paris, depuis 1973, elle a également ouvert une succursale à Bruxelles en 1977 pour permettre de faire le lien avec les investissements belges, principalement issus des Marocains résidents à l’étranger (MRE), à destination du Maroc.

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