Basilique Sainte-Sophie : l’Unesco, préoccupée, appelle la Turquie au dialogue

“Préoccupée” par le sort de l’ex-basilique Sainte-Sophie qui pourrait être reconvertie en mosquée, l’Unesco a appelé la Turquie au dialogue avant toute décision susceptible de “porter atteinte” à la “valeur universelle” de ce monument du patrimoine mondial.

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La basilique Sainte-Sophie est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité. Crédit: DR

Le 2 juillet, le plus haut tribunal administratif de Turquie a étudié une demande de reconversion en mosquée de l’ex-basilique Sainte-Sophie, une mesure que le président Recep Tayyip Erdogan appelle de ses vœux. Au risque de susciter des tensions avec plusieurs pays…

Patrimoine mondial

Construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie est un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et l’une des principales attractions touristiques d’Istanbul. Elle a été convertie au XVe siècle en mosquée après l’invasion ottomane, puis en musée en 1935 par le dirigeant de la jeune République turque, Mustafa Kemal, soucieux de “l’offrir à l’humanité”.

“Toute modification nécessite une notification préalable par l’État concerné à l’Unesco, puis, le cas échéant, un examen par le Comité du patrimoine mondial”

Interrogée par l’AFP ce vendredi 10 juillet, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), basée à Paris, a souligné dans un courriel que “Sainte Sophie, composante du bien” était “inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité en tant que musée”, ce qui “entraîne un certain nombre d’engagements et d’obligations juridiques”.

Ainsi, un État doit veiller à ce qu’aucune modification ne porte atteinte à la valeur universelle exceptionnelle (fondement de toute inscription à la liste, ndlr) du bien inscrit sur son territoire. Toute modification nécessite une notification préalable par l’État concerné à l’Unesco, puis, le cas échéant, un examen par le Comité du patrimoine mondial”, pointe l’organisation.

L’Unesco a fait part de “ces préoccupations à la République de Turquie dans plusieurs courriers” et via un message transmis à son ambassadeur jeudi soir, appelant “les autorités turques à entamer un dialogue avant toute prise de décision qui pourrait porter atteinte à la valeur universelle du site”, est-il précisé.

Le bien est inscrit notamment pour son intégration unique de chefs-d’œuvre architecturaux qui reflètent la rencontre de l’Europe et de l’Asie au cours de plusieurs siècles, et parce que Sainte-Sophie est devenue un modèle pour toute une famille d’églises et plus tard de mosquées, et les mosaïques des palais et églises de Constantinople ont influencé les arts tant en Orient qu’en Occident”, rappelle l’agence onusienne.

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