Pour la Banque centrale européenne, le pire de la crise économique est “probablement passé”

Le “pire” de la crise économique causée par l’épidémie de coronavirus dans la zone euro est “probablement passé”, a estimé ce 26 juin la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

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Pour Christine Lagarde, “les compagnies aériennes, les hôtels et le secteur des loisirs” se développeront dans un “format différent”, tandis que de “nouvelles industries” vont émerger. Crédit: DR

C’est la première fois depuis des mois que l’institut monétaire fait preuve d’optimisme, même prudent, sur la question. Christine Lagarde, qui s’exprimait dans le cadre d’un forum virtuel, a toutefois insisté sur le fait que la reprise sera “incomplète” et “inégale” et qu’elle va “transformer” l’économie.

Moins pire que prévu ?

Un optimisme qui tranche avec le sombre tableau dressé jeudi 25 juin par le Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci voit notamment les pays de la zone euro subir une sévère récession cette année (-10,2 %), conséquence directe de la paralysie de l’économie pour contenir la pandémie de Covid-19 qui l’a amené à raboter sensiblement ses prévisions.

En Europe, un sommet extraordinaire réunissant physiquement les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne aura lieu à Bruxelles les 17 et 18 juillet pour tenter de trouver un accord sur le plan de relance massif de l’économie européenne, en prévoyant la création d’un fonds de relance de 750 milliards d’euros financé par des emprunts massifs. “Je ne pense pas qu’ils arriveront à un accord” dès la mi-juillet, a prévenu la présidente de la Banque centrale européenne, voyant des “négociations intenses” s’engager et un “processus à poursuivre”.

Une rencontre de préparation est prévue lundi 29 juin en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel accueillera le président français Emmanuel Macron près de Berlin, pour leurs premières retrouvailles depuis le début de la crise du coronavirus. Au menu des discussions figurent notamment le futur budget de l’UE et le projet de plan de relance qui a été largement initié par le duo franco-allemand.

Maintien du dynamisme bancaire

Un gros obstacle à surmonter dans les discussions sur le plan de relance de l’UE concerne les réticences des quatre pays dits “frugaux” — Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark — très réservés à l’égard de ce plan qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, les plus touchés par la pandémie.

Mais “ce qui est très spécial, c’est que, pour une fois, les politiques monétaires et budgétaires ont travaillé de pair” pour freiner l’impact économique du virus, s’est félicitée l’ancienne patronne du FMI. Au sortir de la crise, l’économie aura changé, “les compagnies aériennes, les hôtels et le secteur des loisirs” se développant dans un “format différent”, tandis que de “nouvelles industries” vont émerger, affirme Christine Lagarde.

Par ailleurs, la croissance des crédits accordés par les banques de la zone euro au secteur privé s’est maintenue à un rythme élevé en mai (+5,3 %, après 4,9 % en avril), tirée par les prêts aux entreprises (+7,3 %) en quête de liquidités face à la crise économique, selon des chiffres publiés en parallèle vendredi par la BCE. Par contraste, la hausse des prêts aux ménages a continué de progresser à un rythme peu soutenu, à 3 %, comme en avril.

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