Chadia Arab : pourquoi les ouvrières agricoles sont davantage exposées au Covid-19

La géographe et chargée de recherche au CNRS est l’auteure de Dames 
de fraises, doigts de fée (Éditions En toutes lettres), une enquête sur les saisonnières marocaines qui récoltent les fraises en Espagne. Bonne connaisseuse de ces ouvrières agricoles, elle analyse pourquoi ces femmes “invisibles” ont été exposées au Covid-19 plus que les autres.

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Qu’est-ce qui a favorisé l’apparition de clusters dans les exploitations agricoles du Gharb où plusieurs centaines d’ouvrières agricoles ont été contaminées?

Travailler dans les champs de fraises ou dans les usines de fraises oblige à une promiscuité importante. La distanciation de 1 mètre est difficile à respecter quand on travaille avec des centaines, voire des milliers de personnes. La seconde, ce sont les conditions de transport. Ainsi, du moukef (lieu de rassemblement des ouvrières en attente d’une proposition de travail, ndlr) au lieu de travail (parfois plusieurs dizaines de km), ces femmes se retrouvent dans des transports parfois vétustes, entassées et serrées comme des sardines. Le transport est parfois si dangereux que des accidents peuvent arriver. Avec la…

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