Le déconfinement s’accélère en Europe, Italie en tête

L’Europe, Italie en tête, a franchi ce 4 mai une nouvelle étape dans le déconfinement de ses populations, mais la plus grande prudence reste de mise face au coronavirus qui a fait près de 250.000 morts dans le monde.

Par

Un agent explique aux usagers comment se comporter dans le métro milanais, le 4 mai, au premier jour du déconfinement progressif en Italie. Crédit: Miguel Medina/AFP

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seule la découverte d’un vaccin ou d’un remède permettra de mettre fin à la pandémie apparue fin 2019 en Chine, et qui affecte l’intégralité de la planète au prix d’une récession sans précédent.

Un vaccin d’ici la fin de l’année ?

En pleine campagne électorale, Donald Trump a voulu faire souffler un vent d’optimisme quant à une fin possible de la pandémie qui paralyse l’économie planétaire. “Les médecins vont dire : vous ne devriez pas dire cela”, mais “nous pensons que nous aurons un vaccin d’ici la fin de cette année”, a affirmé le président américain dimanche soir à Fox News depuis le Lincoln Memorial, à Washington.

Le président américain Donald Trump répond aux questions des journalistes de Fox News depuis le Lincoln Memorial le 3 mai. JIM WATSON/AFP

Des propos immédiatement relativisés par la communauté scientifique. “Je serais ravi si c’était possible d’y parvenir en quelques mois, mais je trouve qu’il nous faut rester réalistes, cela peut durer aussi des années”, a résumé le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn.

Une centaine de projets de vaccins ont été lancés à travers le monde, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine. D’ici la découverte d’un remède, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale restent de mise. Un impératif qui tourne au casse-tête pour les pays qui prévoient de rouvrir les écoles, à l’image de la France, où près de 25.000 morts ont été dénombrés et où cette décision, qui doit prendre effet à partir du 11 mai, suscite la controverse.

Dans l’espoir de hâter le processus, l’Union européenne invite lundi à Bruxelles à une conférence mondiale de donateurs pour la recherche, avec le soutien des principaux dirigeants européens. Organisatrice de cette conférence en ligne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, espère réunir 7,5 milliards d’euros.

Déconfinement européen

C’est avec d’infinies précautions qu’une quinzaine d’États européens ont à leur tour entrepris lundi 4 mai d’alléger les mesures de confinement imposées depuis de longues semaines à leurs habitants.

Un policier patrouille dans la gare centrale de de Bruxelles, le 4 mai, pour vérifier le respect de la distanciation sociale. KENZO TRIBOUILLARD/AFP

À commencer par l’Italie, pays le plus frappé du continent avec près de 29.000 morts, où les habitants sont désormais autorisés à sortir, selon des schémas variant selon les régions. À Rome, Stefano Milano, 40 ans, ne cache pas sa “joie” de regagner un peu de liberté et de pouvoir recevoir un cousin alors que son fils s’apprête à “souffler ses bougies” d’anniversaire. Mais il confie aussi sa “peur” qu’une éventuelle relance de la pandémie n’affecte ses parents âgés.

L’urgence n’est pas terminée”, martèle la ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese. Pour le quotidien Corriere della Sera, seule la “responsabilité” de la population pourra empêcher une deuxième vague. Les commerces de détail ainsi que les bars et restaurants restent fermés et les grandes réunions de famille, les rassemblements et les pique-niques sont prohibés.

L’Espagne, où le Covid-19 a fait plus de 25.000 morts, a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d’ici la fin juin. En Allemagne, où la levée des restrictions est déjà bien enclenchée, le ministre des Sports s’est dit favorable à une reprise de la saison de football. Ce qui ferait de l’Allemagne le premier grand championnat européen à franchir ce pas.

À Aalborg au Danemark des marquages au sol indiquent le sens de circulation pour les piétons, le 4 mai. RITZAU SCANPIX/AFP

Du Portugal à la Serbie, de nombreux autres pays ont également allégé lundi 4 mai leurs mesures de confinement, l’Autriche, pionnière en la matière, se risquant même à une rentrée scolaire partielle, de même que certains Länder allemands. Les terrasses des cafés et des restaurants ont pu rouvrir en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées également. À Lisbonne, “le carnet de rendez-vous est déjà bien rempli”, confie Miguel Garcia, propriétaire d’un salon de coiffure.

Marche arrière pour d’autres pays

Hors d’Europe, le Nigeria, la Tunisie ou le Liban ont aussi levé lundi certaines restrictions. À l’inverse, le Japon a prolongé jusqu’à fin mai son état d’urgence sanitaire. Celui-ci n’implique cependant pas de mesures coercitives généralisées.

Des employés de la municipalité de Tokyo appellent dans les rues de la ville les piétons à rester chez eux, le 4 mai. CHARLY TRIBALLEAU/AFP

Au Canada, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a reconnu ignorer s’il enverrait ses enfants à l’école s’il habitait au Québec, province où une rentrée est également prévue le 11 mai. “Ça va être une décision extrêmement personnelle pour beaucoup de parents”, a-t-il reconnu au micro de Radio-Canada.

En Algérie, de nombreux commerces, rouverts la semaine dernière, ont dû fermer à nouveau dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non respect des règles d’hygiène et de la distanciation sociale.

Des danseuses traditionnelles thaïlandaises portent une visière lors d’une performance dans un temple à Bangkok, le 4 mai. MLADEN ANTONOV/AFP

La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont plus de 143.000 en Europe. Aux États-Unis, pays le plus endeuillé avec près de 70.000 décès, les deux tiers des 50 États ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l’économie.

L’impact économique de la pandémie, particulièrement dramatique dans les pays pauvres, n’épargne pas les États les plus riches. Aux États-Unis, plus de 30 millions de nouveaux chômeurs ont été recensés. Dans son interview à Fox News dimanche, Donald Trump a dit tabler sur jusqu’à “100.000” morts au total dans son pays. Sans confinement, ce chiffre aurait pu être de “plus de 2,2 millions” de personnes, a-t-il souligné.

article suivant

DGSN: Ouverture d'une enquête sur le suicide d’un inspecteur par l’arme de service d'un collègue