Comment un live sur Instagram s’est transformé en campagne d’inquisition homophobe

Depuis le début de semaine, une armée d’anonymes mène une massive campagne de dénonciation de personnes homosexuelles sur les réseaux sociaux. Retour sur un drame humain qui prend de plus en plus d’ampleur.

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L’idée de porter plainte n’est pas envisageable : l’homosexualité est passible de 3 ans de prison. Crédit: AFP

Je croyais qu’en 2020, je vivais dans un pays de plus en plus ouvert, mais j’avais tout faux! J’évoluais peut-être dans une bulle où l’homosexualité est acceptée, mais mes compatriotes, même les jeunes, ne semblent pas tout à fait d’accord, ça me fait froid dans le dos. C’est avec ce terrible constat que Nabil, la vingtaine, résume le cauchemar qu’il vit depuis trois jours. Cet étudiant vivant à Casablanca est l’une des nombreuses victimes d’une vaste campagne d’outing (action de révéler l’homosexualité d’une personne sans son consentement et contre sa volonté) qui sévit de manière exponentielle sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine. Sur des groupes avec parfois des milliers d’adhérents comme Ladies Talk -18, Women’s wisdom, Kingdom of Morrocan girls ou encore Lkhoukh ou Lbanane, des échafauds ont été érigés et alimentés à coups de captures d’écran de conversations ou de photos échangées (ou…

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