Nombre de décès record aux Etats-Unis, Trump annonce des mesures pour le déconfinement

Donald Trump a promis de livrer ce 16 avril sa feuille de route pour le redémarrage progressif de l’économie américaine, mise à terre par le coronavirus, et affirmé que les États-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie, voyaient des signes tangibles de ralentissement.

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Le président Donald Trump s'exprime à la télévision depuis la Maison Blanche.

Avant Donald Trump, mercredi 15 avril, la chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi annoncé des mesures d’assouplissement du confinement auquel les Allemands sont soumis, comme plus de la moitié de l’humanité. “La bataille continue, mais les données suggèrent qu’à travers le pays, nous avons passé le pic des nouveaux cas”, a déclaré le président américain lors de sa conférence de presse quotidienne.

Son pays a toutefois enregistré un nouveau record morbide ce 15 avril : 2569 personnes sont mortes en 24 heures, le plus lourd bilan journalier recensé par un pays, selon le comptage de référence de l’université Johns Hopkins.

Donald Trump lors de sa conférence de presse quotidienne sur le coronavirus, le 15 avril. MANDEL NGAN/AFP

Demain sera un très grand jour”, avait plus tôt lancé le président depuis les jardins de la Maison Blanche, promettant pour jeudi 16 avril les détails de cette “réouverture de l’économie”. “Nous allons rouvrir des États, certains États beaucoup plus tôt que d’autres. Certains États pourraient en fait ouvrir avant l’échéance du 1er mai”, a-t-il assuré.

L’économie dans la tourmente

Avec près de 17 millions de nouveaux chômeurs en trois semaines, l’économie américaine voit s’accumuler les chiffres vertigineux et les annonces d’entreprises révélant l’ampleur du désastre. Le Fonds monétaire international (FMI) a comparé les effets de ce “Grand confinement” à ceux de la Grande dépression de 1929. Pour aider les pays les plus pauvres frappés par la pandémie, les dirigeants du G20 ont pris mercredi 15 avril la décision “historique” de suspendre pour un an le remboursement de leur dette.

La crise du Covid-19 continue d’endeuiller la planète, avec plus de 131.000 décès. Les États-Unis paient le plus lourd tribut, avec plus de 28.000 décès pour plus de 637.000 cas. Mais certains pays, encouragés par des indices de bon augure, dont le ralentissement des admissions en soins intensifs, ont commencé à présenter leurs plans de déconfinement.

Berlin a ainsi annoncé la réouverture prochaine des magasins et, à partir du 4 mai, des écoles et lycées. Les grands rassemblements resteront interdits au moins jusqu’au 31 août car le “succès d’étape” de l’Allemagne contre le Covid-19 reste “fragile”, a mis en garde la chancelière Angela Merkel.

Conflit USA/OMS

La décision du G20 de suspendre le remboursement de la dette des pays pauvres a rassuré les défenseurs du multilatéralisme, un principe qu’ils jugent attaqué par Donald Trump qui a décidé de suspendre le versement de la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Donald Trump accuse l’OMS de “mauvaise gestion” de cette pandémie et d’alignement excessif sur les positions chinoises

Donald Trump accuse l’organisation de “mauvaise gestion” de cette pandémie partie de Chine fin 2019 et d’alignement excessif sur les positions chinoises. “Nous regrettons la décision du président des États-Unis”, a réagi mercredi le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a estimé que ce n’était “pas le moment de réduire le financement” des organisations combattant la pandémie.

De l’Union européenne à la Chine en passant par la France et l’Union africaine, de nombreux pays et organisations ont aussi fustigé cette initiative de Washington, premier bailleur de l’OMS avec plus de 400 millions de dollars par an. “Nous devons travailler en étroite collaboration contre le Covid-19. Un des meilleurs investissements est de renforcer les Nations unies, en particulier l’OMS”, a souligné le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. La Russie a dénoncé “l’approche très égoïste” des États-Unis, et l’Iran a vu dans cette décision la preuve que Washington “tue des gens”.

Donald Trump a réitéré mercredi ses accusations contre l’OMS. “J’ai le sentiment qu’ils savaient exactement ce qu’il se passait” dès le début de l’épidémie de coronavirus, a-t-il lancé. “Tragiquement, d’autres nations ont fait confiance à l’OMS.

D’après Washington, les États-Unis et la Chine se sont pourtant engagés mercredi à coopérer pour combattre le nouveau coronavirus, lors d’un entretien téléphonique entre le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la politique étrangère, Yang Jiechi, et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Incertitudes mondiales

Malgré le confinement de plus de la moitié de l’humanité et une baisse de la pression hospitalière dans la plupart des pays d’Europe, la pandémie continue de tuer massivement et engendre une incertitude économique “considérable”, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Alors que la crise menace de se poursuivre pendant des mois, voire des années, le FMI s’est efforcé de chiffrer ses conséquences économiques. Pour l’heure, l’institution table sur une contraction de 3 % du PIB mondial cette année.

La Maison Blanche a indiqué que Donald Trump et les autres dirigeants du G7 des pays les plus industrialisés discuteraient jeudi 16 avril par visioconférence d’une coordination internationale de la lutte contre le virus.

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