Les recommandations de la HACA sur le traitement audiovisuel de la pandémie

Image d'illustration. © DR

Le Conseil Supérieur de la Communication audiovisuelle s’est penché sur la mobilisation des radios et télévisions pour tenir le cap de l’évolution de la pandémie de coronavirus au royaume et a listé une série des recommandations à respecter.

En ces temps de coronavirus, les radios et télévisions sont sur le front pour informer et sensibiliser de larges audiences. Les membres du Conseil Supérieur de la Communication audiovisuelle se sont penchés, au terme d’une téléréunion tenue le 10 avril, sur cette mobilisation audiovisuelle et en ont tiré plusieurs principes à respecter en matière de traitement médiatique de cette pandémie. Ainsi, la Haute autorité de la Communication audiovisuelle (HACA) recommande de prendre toutes les précautions pour éviter le risque de stigmatisation des personnes touchées ou présumées l’être par le coronavirus et veiller au respect de leur dignité, de leur droit à l’image et de leur vie privée rapporte la MAP.

Alors que le compteur des arrestations, en marge de l’état d’urgence sanitaire, n’en finit pas de croître, la HACA insiste sur la protection de l’identité des personnes « présumées d’avoir enfreint les dispositions prises par les autorités publiques encadrant l’état d’urgence sanitaire,  tout en se gardant de toute confusion entre la présentation critique des violations commises et l’incitation à la haine à l’encontre de leurs auteurs présumés ».

A l’antenne ou sur un plateau : exit les charlatans

Les télévisions et radios sont tenues d’éviter tout traitement pouvant lier des villes et des quartiers spécifiques à l’augmentation du nombre de personnes infectées par le coronavirus pour prévenir tout risque de stigmatisation de leurs habitants et d’attisement d’attitudes et de comportements de défiance et de rejet à leur encontre et ce sans porter préjudice au droit à l’information et à la transparence liés à la situation pandémique dans notre pays.

Pour éviter impostures et dérives à l’antenne ou sur les plateaux de télévision, les invités choisis pour intervenir sur la nature du virus, les mesures de prévention et les perspectives de traitement de l’infection doivent être habilités à le faire. « Il y a lieu aussi de s’abstenir de diagnostiquer des maladies et de prescrire des traitements », ajoute l’instance.

Il est impératif pour la HACA que nos médias audiovisuels capitalisent sur une couverture régionale de la pandémie « pour consolider la proximité médiatique en tant qu’impératif d’efficience de cette communication de crise et mettre en lumière la réalité et les répercussions de la crise sanitaire sur l’ensemble du territoire national y compris dans les zones les plus éloignées ». Les radios régionales et locales, publiques et privées, sont, quant à elle, invitées à renforcer l’information de proximité en tenant compte de la diversité linguistique et culturelle du pays. « En outre, cette inclusion médiatique est à même d’encourager dans toutes les régions, des initiatives citoyennes visant à limiter la propagation de la pandémie et à en réduire les répercussions » détaille la HACA.

Accorder une attention particulière aux plus vulnérables

Afin de faire accéder l’information (les spots de sensibilisation et toutes les émissions d’intérêt général relatives à la question de la pandémie) aux personnes sourdes muettes ou ayant une déficience auditive, il est important d’accroître l’usage du langage des signes. Et dans la mesure du possible,  d’étendre cette accessibilité des capsules et programmes de sensibilisation à travers l’usage de sous-titres.

La HACA recommande d’accorder une plus grande attention médiatique à la situation des migrants et des réfugiés résidants au Maroc. Il y a aussi l’opportunité à mettre à profit cette circonstance pour développer des contenus dédiés à renforcer l’éducation médiatique du citoyen et sa connaissance des exigences du travail d’information par le son et l’image.

Et si les médias audiovisuels doivent être mobilisés pour informer sur la pandémie, ils sont aussi invités à répondre aux besoins des citoyens en matière de programmes culturels et de divertissement. Seule remarque : « Il est par ailleurs recommandé d’informer le public par une notification spéciale lors de la diffusion de spectacles, programmes artistiques et autres émissions de divertissement enregistrés avant la propagation de coronavirus et qui pourraient laisser croire que les gestes barrières et les mesures de précaution contre le covid-19 n’y sont pas respectées ».

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