10 millions de dirhams pour un programme de soutien à la recherche en lien avec le coronavirus

Un programme de soutien à la recherche en lien avec la pandémie de coronavirus a été lancé par le Centre national pour la recherche scientifique et technique et le département de Saaid Amzazi. À la clé, une enveloppe de 10 millions de dirhams.

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Il s'agit notamment de “à constituer un écosystème de recherche multidisciplinaire, capable d’initier et de développer, sur la base de ses résultats d’études et de recherche, des solutions à même de contribuer à la gestion des crises pandémiques”.

L’évolution de la pandémie de coronavirus semble enfin remettre au cœur du débat la recherche scientifique, parent pauvre de l’enseignement supérieur. Un programme de soutien à la recherche en relation avec la pandémie de Covid-19 a été lancé par le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et le Centre National pour la Recherche scientifique et technique (CNRST).

Doté d’une enveloppe de 10 millions de dirhams, ce programme “vise à mobiliser les acteurs de la communauté scientifique marocaine autour de projets de recherche relatifs à cette pandémie, projets à mettre en place au plus tôt, mais aussi “à constituer un écosystème de recherche multidisciplinaire, capable d’initier et de développer, sur la base de ses résultats d’études et de recherche, des solutions à même de contribuer à la gestion des crises pandémiques”, peut-on lire dans un document mis en ligne par le CNRST.

Quels sont les projets concernés ?

Le département de Saaid Amzazi et le CNRST cherchent ainsi des projets qui répondent à trois problématiques. D’abord, analyser et comprendre la pénétration et la propagation du nouveau coronavirus au Maroc. Les recherches doivent être en mesure de comprendre et d’analyser la situation de la pandémie, tant au niveau national que régional, notamment sur les plans scientifique et médical (virologie, immunologie, mesures sanitaires, modélisations mathématiques, big data et intelligence artificielle…), technologique (conception et production de dispositifs et appareils médicaux), économique (impact de la pandémie sur les différents secteurs de l’économie nationale, perturbation des chaînes de production, chômage, modalités de la relance économique), sociologique et psychosocial (continuité pédagogique et maintien des apprentissages, confinement, anxiété, perte de travail, histoire des épidémies), et politique (mesures d’urgence, adaptation des lois, aspects sécuritaires). Ces projets de recherche doivent être réalisés dans un délai d’une année.

La deuxième problématique comprend le diagnostic et les recommandations scientifiques pour gérer la période de transition et permettre un retour au plus tôt à la situation normale au royaume. “Les recherches menées doivent répondre aux différents aspects de l’épidémie relatifs à la gestion de la transition et les mesures à mettre en place suite à la régression de l’épidémie et à l’extinction du virus, ainsi que les mesures à prendre en cas de persistance de la pandémie, précise le document du CNRST. Ce type de projet de recherche doit être réalisé dans un délai de six mois.

Et enfin, il s’agira de cartographier les leçons à tirer de cette pandémie et les mesures préventives à mettre en place pour l’avenir. “Les recherches menées doivent s’intéresser aux moyens à mettre en œuvre afin de faire face à l’éventualité d’apparition d’autres pandémies ou épidémies, sur la base de l’expérience acquise et des observations constatées dans le contexte actuel, ajoute la même source. Ces projets de recherche doivent être réalisés dans un délai de six mois.

Les universités s’organisent en pôles

Pour optimiser la mobilisation des ressources humaines autour des projets soumis à candidature, une organisation par pôles universitaires régionaux a été mise en place.

• Pôle 1 : universités et établissements de recherche des régions Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

• Pôle 2 : universités et établissements de recherche de la région Casablanca-Settat

• Pôle 3 : universités et établissements de recherche des régions Béni Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi, Souss Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed Dahab

• Pôle 4 : universités et établissements de recherche des régions Fès-Meknès, l’Oriental et Draâ-Tafilalet

Chaque pôle sera piloté par un comité composé par les présidents des différentes universités et “proposera les thématiques de recherche pour lesquelles il dispose de ressources humaines en mesure de produire rapidement les résultats escomptés”, détaille le CNRST.

Quant aux candidatures, chacune d’elle devra être portée par un “responsable scientifique”. Ce dernier assure le suivi et la gestion des différentes étapes du projet et s’engage à élaborer des rapports scientifiques et financiers sur l’état d’avancement de ses recherches. Les dossiers de candidatures doivent être envoyés au CNRST avant le 30 avril à 16 heures à cette adresse : covid19@cnrst.ma

Les projets retenus feront l’objet d’un contrat entre le CNRST et le pôle porteur de projet. La moitié de la subvention sera versée à la signature du contrat et l’autre moitié après l’évaluation positive du rapport scientifique et financier fourni à mi-parcours.

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