Boujemaâ Raouyane : “Au Maroc, les sultans refusaient la quarantaine”

En ces temps de coronavirus, pourquoi ne pas prendre de la hauteur et de la perspective ? Boujemaâ Raouyane nous aide à le faire. L’homme a été l’un des meilleurs historiens à travailler sur les épidémies et la médecine au Maroc sous le protectorat. L’interviewer, c’est sonder les mentalités des Marocains face aux fléaux, et interroger le rapport entre médecine traditionnelle et moderne… Un regard acéré et sans complaisance.

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“Lors du début du protectorat, en 1912, le paysage épidémiologique présentait quatre types d’épidémies : le typhus, la peste, la variole et la fièvre récurrente (al huma arraji’a). Or il y aura une recrudescence de ces fléaux pendant la Seconde guerre mondiale”; explique l’historien. Crédit: DR

L’épidémie de coronavirus n’épargne pas le Maroc. Pour beaucoup d’entre nous, elle semble exceptionnelle, alors que les épidémies qui par le passé décimaient la population de façon récurrente étaient presque “ordinaires”…

Boujemaâ Raouyane.
Oui. A travers l’histoire, nous avons connu beaucoup d’épisodes de peste, surtout aux XVIIIe et XIXe siècles. La peste sévissait dans le pays de façon quasi cyclique. Il y eut celle de 1730 puis celle de 1742, tuant une grande part de la population à Ouezzane et à Ksar El Kébir, celle de 1744 qui désola Safi… Ses symptômes étaient des vomissements, une forte fièvre, un affaiblissement du corps…

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