Confinement: 4 romans pour tromper l'ennui

En cette période de confinement, quoi de mieux que de bonnes lectures pour tromper l’ennui et oublier, l’espace de quelques heures, ces circonstances exceptionnelles que 
nous vivons.

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En cette période de confinement, quoi de mieux que de bonnes lectures pour tromper l’ennui et oublier, l’espace de quelques heures, ces circonstances exceptionnelles que 
nous vivons.

1. Hommage aux cheikhates

Roman. Elle s’appelle Hayat, “la vie” en arabe. Un prénom qui dépasse celle qui a grandi rue du Pardon, à Marrakech, tantôt apprentie couturière, tantôt artiste en herbe. Sa voisine, Mamyta, lui sert de refuge. Plus tard, cette célèbre cheikha, Serghinia de son vrai nom, l’engage dans sa troupe. A 14 ans, Hayat est soulagée de quitter les siens: les mains “calleuses” du père qui effleuraient sa peau et le regard insensible de la mère. Aux côtés de la diva plébiscitée, l’adolescente s’initie au monde de la nuit. Dans Rue du Pardon, Mahi Binebine fait entendre les angoisses de Hayat, ses révoltes et ses souvenirs, dans son périple identitaire. Subtil et sensible, son texte se veut un hommage aux cheikhates, ces femmes qui rêvent de liberté, tout en s’attardant sur le rejet et l’opprobre qu’elles subissent.

Rue du Pardon, Mahi Binebine, éd. Le Fennec, 160 p., 95 DH

2. Enfants sous microscope

Thriller. Le maître de l’horreur a encore frappé. Avec L’institut, Stephen King nous livre un roman d’une efficacité redoutable. L’intrigue: une organisation secrète procède à des expériences sur des enfants au QI exceptionnel. Luke Ellis en fait partie. Surdoué et doté de capacités télékinésiques, il est kidnappé de nuit. Cette enceinte fermée au monde, située quelque part dans la cambrousse du Maine, planche sur un programme paragouvernemental censé sauver l’humanité. Mais la noblesse présumée de l’intention cède le pas à la cruauté des traitements infligés à des enfants victimes de leur intelligence. Un bon cru du maestro King, terrifiant à souhait.

L’institut, Stephen King, éd. Albin Michel, 608 p., 249 DH

3. Danemark noir

Roman. Avec Les outrages, Kaspar Colling Nielsen a hérité d’un surnom: le Houellebecq danois. Même dépression face à la déshumanisation du monde occidental, même recours à la crudité sexuelle. Dans ce livre, il dépeint un Danemark en proie à une islamophobie rampante. L’auteur, qui décrit les trajectoires entrecroisées d’un galeriste, d’un peintre et d’une scientifique, imagine la création d’un centre de déportation de musulmans en Ouganda. Rudement bien mené, servi par une écriture dynamique et un vrai sens du stroytelling, Les outrages captive avec ses thématiques noires.

Les outrages, Kaspar Colling Nielsen, éd. Calmann – Lévy, 414 p., 215 DH

4. Bofary à Marrakech

Récit. Enseignant chercheur et sociologue, Jean Zanganiaris puise son inspiration dans un grand classique du XIXe siècle, Madame Bovary de Gustave Flaubert, pour son deuxième roman Adam Bofary. Dans ce récit, il met en scène la réincarnation du personnage flaubertien à Marrakech, dans la peau d’un homme désabusé, nouvellement chômeur et entretenu par son épouse. Cinquantenaire sur le retour, Adam trompe son ennui dans des bacchanales nocturnes et se partage entre deux maîtresses. Roman empreint de spleen, Adam Bofary n’est pas sans rappeler le premier texte de l’auteur, Le périple des hommes amoureux, où, là encore, la mélancolie sentimentale constituait la charpente du récit.

Adam Bofary, Jean Zaganiaris, éd. Onze, 218 p., 160 DH

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