Antonio Guterres s’attend à une récession mondiale sans précédent

La crise frappera plus durement “les pays les plus pauvres et les plus vulnérables”.

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Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies à Marrakech, en décembre 2018. Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a estimé, jeudi 19 mars, qu’une récession mondiale sans précédent est “une quasi-certitude” en raison de la pandémie de coronavirus qui paralyse des pans entiers de l’économie.

“Nous sommes confrontés à une crise sanitaire mondiale sans précédent dans les 75 ans d’histoire des Nations unies, une crise qui propage la souffrance humaine, affecte l’économie mondiale et bouleverse la vie des gens”, a-t-il déclaré lors d’une téléconférence avec les journalistes accrédités aux Nations unies à New York.

Il a relevé à cet égard que l’Organisation internationale du Travail (OIT) vient de signaler que les travailleurs du monde entier pourraient perdre jusqu’à 3.400 milliards de dollars de revenus d’ici la fin de l’année en raison des interruptions de travail occasionnées par la pandémie.

Les réponses nationales jugées insuffisantes

“C’est un moment qui exige une action politique coordonnée, décisive et innovante de la part des principales économies du monde. Nous devons reconnaître que les pays les plus pauvres et les plus vulnérables — en particulier les femmes — seront les plus durement touchés”, a-t-il dit.

“Nous sommes dans une situation sans précédent et les règles normales ne s’appliquent plus”

Antonio Guterres

Selon lui, les réponses nationales ne sont pas en mesure de résoudre l’ampleur et la complexité mondiales de la crise. Le Secrétaire général de l’ONU a salué, à cet égard, la décision des dirigeants du G20 de convoquer un sommet d’urgence la semaine prochaine pour répondre aux défis énormes posés par la pandémie de Covid-19, annonçant qu’il comptait aussi participer à ce sommet.

“Mon message central est clair : nous sommes dans une situation sans précédent et les règles normales ne s’appliquent plus. Nous ne pouvons pas recourir aux outils habituels en des temps aussi inhabituels”, a  estimé Antonio Guterres, avant d’appeler “les dirigeants mondiaux à se rassembler et à proposer une réponse urgente et coordonnée à cette crise mondiale”.