Ahmed Zefzafi évoque les conditions de détention de son fils, la DGAPR le poursuit

Les deux figures de proue du Hirak du rif, Nasser Zefzafi et Nabil Ahamjik, ont entamé une grève de la faim protestant contre les conditions de détention au sein de la prison de Ras El Ma à Fès, d’après l’association Thafra présidée Ahmed Zefzafi. En réaction, la DGAPR annonce la poursuite en justice du père de Nasser Zefzafi.

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Ahmed Zefzafi devant la prison Ras El Ma, à Fès. Crédit: Capture d'écran

Nasser Zefzafi et Nabil Ahamjik ont entamé une grève de la faim pour une durée indéterminée, a annoncé le 19 février l’association Thafra pour la loyauté et la solidarité avec les détenus du Hirak, présidée par Ahmed Zefzafi.

Les deux figures du mouvement de contestation dans le Rif exigent d’abord le regroupement de l’ensemble des détenus du Hirak au centre pénitentiaire de Selouane, dans la province de Nador (le plus proche pour leurs familles).

Mauvais traitements

Pointant du doigt leur traitement au sein de la prison locale de Ras El Ma à Fès, ils revendiquent un traitement médical urgent, car selon l’association, Nasser Zefzafi souffre “d’allergie et de saignement nasal”, tandis que Nabil Ahamjik est atteint “de maux de tête, d’allergies et saignement”.

Ils exigent aussi de pouvoir bénéficier d’un droit d’appel téléphonique de 30 minutes sur trois jours, plutôt que les 15 minutes sur deux jours par semaine instaurés.

Les deux détenus du Hirak souhaitent que les visites s’étendent aux proches et amis, et que les prix des produits alimentaires vendus au sein du centre pénitentiaire soient revus à la baisse.

Nasser Zefzafi et Nabil Ahamjik revendiquent également que la durée des promenades quotidiennes soit rallongée, rapporte l’association Thafra.

Dans un live Facebook devant la prison locale de Ras El Ma à Fès, le père du leader du Hirak, Ahmed Zefzafi, ajoute aussi que “certains journaux et livres ne leur parviennent pas, les privant de leur liberté de pensée et de lire”. Il poursuit : “Ils ont aussi décidé de ne garder aucun de leurs effets personnels, et même l’argent liquide qu’on leur donne, ils ne veulent pas le récupérer.

Alarmé, Ahmed Zefzafi dit que cette situation “n’augure rien de bon, car le directeur de la prison fausse l’idée même de l’État de droit”.

Des “allégations mensongères” pour la DGAPR

La réponse de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion ne s’est pas fait attendre. La DGAPR explique, dans un communiqué daté du 20 février, que “les détenus N.Z et N.A jouissent de tous les droits qui leur sont garantis par la loi, que ce soit en matière de soins médicaux, d’hébergement, de visites ou autres”.

L’institution de Mohamed Saleh Tamek énumère : “Sur le volet sanitaire, les détenus concernés bénéficient de consultations, d’examens médicaux et d’analyses chaque fois que cela est nécessaire. Depuis son arrivée au centre pénitentiaire, N.Z a bénéficié de 70 examens médicaux au sein du dispensaire de l’établissement et cinq autres dans des hôpitaux publics. Tandis que N.A a pu bénéficier de 19 consultations au sein de la prison et deux autres à l’extérieur.

Pour ce qui est du droit aux visites, la DGAPR assure que Nasser Zefzafi et Nabil Ahamjik en bénéficient “régulièrement, et l’administration du centre pénitentiaire accorde ce droit à l’ensemble des personnes qu’elle considère comme ayant des liens familiaux et sociaux. Il en va de même pour les livres et publications. L’administration autorise ceux qu’elle considère comme ayant un intérêt intellectuel éligible pour les détenus”.

La DGAPR estime ainsi que les propos du père de Nasser Zefzafi sont “des allégations mensongères” et qu’elle “aura recours à la justice afin de poursuivre le parent du prisonnier en question”.

Le jour même,  Ahmed Zefzafi a indiqué au site Al Yaoum24 que les déclarations qui « ont mis en colère la direction de la prison de Ras El Ma ne reflètent que la vérité« . Il s’est dit « prêt à toutes poursuites » et « s’ils veulent des témoins, il y en a« .

Il est à rappeler qu’en juin 2018, Nasser Zefzafi et Nabil Ahamjik ont été condamnés, par la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, à 20 ans de prison ferme chacun. Ils étaient accusés, entre autres, d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.

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