A Rabat, le match FAR-Raja dégénère : récit et vidéos d’une nuit sanglante

Rabat avait rendez-vous avec le traditionnel AS FAR-Raja le 12 février, à l’occasion du match en retard comptant pour la 14e journée du championnat. Si le club de la capitale s’est imposé lors de ce “classico”, des actes de violence ont encore une fois marqué l’événement. Témoignages.

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Le match a été remporté 1-0 par l'AS FAR, mais s'est poursuivi en dehors des gradins. Crédit: DR

Cauchemar. C’est le mot qui revient le plus lorsque les témoins racontent les événements. D’après des supporters présents, la tension était palpable avant le match. “Les insultes et provocations, c’est la norme lors des matchs face à la capitale. C’est une rivalité historique, qui fait que les esprits se chauffent, sur les réseaux sociaux, avant que la tension n’atteigne les gradins”, nous explique Marouane, un banquier de 27 ans, qui a livré un certificat médical à son agence pour pouvoir assister au match. Mais après de tels événements, “il fallait mieux rester à la maison”, conclut-il.

Jets de pierres et arrestations

Les conditions de sécurité n’étaient pas réunies pour éviter ce genre de débordements”, nous déclare un témoin, Karim, 28 ans, fidèle supporter de l’AS FAR. Présent au stade deux heures avant le coup d’envoi, il prédisait une victoire des siens, mais pas qu’elle soit gâchée par des actes de violence à la sortie du stade.

À en croire d’autres témoins présents dans la tribune réservée aux supporters du Raja, une dizaine de supporters de l’AS FAR ont fait le tour du stade pour rejoindre la porte réservée aux visiteurs.

En descendant vers les portes d’accès, ils nous jetaient des pierres. On a dû se défendre en jetant des pierres aussi, et le groupe qui nous a attaqués a rebroussé chemin.” D’après luice n’est pas la première fois que ça arrive, mais cette fois, les portes étaient grandes ouvertes, et les éléments des forces de l’ordre n’étaient pas sur place. On a dû courir vers le parking se trouvant à 300 mètres des portes d’accès et certains sont restés dans le stade en attendant que ça se calme”, nous raconte Ayoub, 25 ans et supporter du club casablancais.

Un communiqué de la DGSN, publié le 13 février, indique que les jets de pierres et les actes de hooliganisme ont fait des blessés parmi les forces publiques, “dont trois policiers blessés à différents degrés, ainsi que deux éléments de la protection civile et 22 supporters qui ont été légèrement blessés”.

Des dégâts matériels ont également été causés à 19 véhicules de la Sûreté nationale, un camion de la protection civile et une ambulance, en plus de six véhicules appartenant à des particuliers”, poursuit le communiqué.

Selon la même source, les mis en cause ont été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent, alors que les opérations sécuritaires sont toujours en cours pour interpeller le reste des personnes impliquées dans ces actes de hooliganisme et pour déterminer tous les dommages enregistrés.

D’après Ayoub, ce sont les personnes qui sont sorties du stade en dernier qui se sont fait arrêter par les forces de l’ordre. Certaines d’entre elles ont été placées en garde à vue, tandis que plusieurs essayaient juste de fuir la pluie de pierres. Plusieurs vidéos attestant des arrestations policières circulent sur le web depuis mercredi soir.

Une autre vidéo montre un autocar de voyageurs pris au piège. Le conducteur, hésitant, n’a pas pu éviter les pierres lancées par des supporters barrant l’autoroute.

Notre témoin Marouane l’atteste, “des personnes qui n’avaient rien à voir avec la rencontre sortaient des bois avoisinant le stade, nous jetaient des pierres et agressaient même des femmes venues assister au match”.

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