Les enfants exposés aux écrans le matin développent des troubles du langage

Selon une étude réalisée en France, l’exposition des enfants aux écrans multiplie le risque de troubles du langage, notamment le matin avant l’école.

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En avril 2019, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait un rapport recommandant d’éviter toute exposition aux écrans, de la télévision aux smartphones, pour les enfants de moins d'un an, et de contrôler l'accès pour les plus grands.

Les enfants exposés aux écrans (télévision, console de jeux, tablette, smartphone, ordinateur) le matin avant l’école ont trois fois plus de risque d’avoir des troubles du langage, selon des chercheurs. Si en plus, ils discutent “rarement, voire jamais”, du contenu des écrans avec leurs parents, ces enfants multiplient par six leur risque d’avoir des troubles du langage, d’après une étude parue mardi 14 janvier dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France (SpF).

Réalisée en Ille-et-Vilaine (ouest de la France), cette étude a porté sur 167 enfants atteints de troubles du langage et 109 qui en étaient indemnes, tous âgés de 3 à 6 ans. Ont été exclus les enfants dont le trouble du langage était dû à des pathologies ou handicaps (prématurité, maladie congénitale, troubles neurologiques, psychiatriques ou de l’audition) ainsi que ceux dont les parents ne parlaient pas français. Parmi les enfants présentant des troubles du langage (les “cas”), 44,3 % étaient exposés aux écrans contre 22 % de ceux qui en étaient indemnes (les “témoins”, pour comparaison).

Imperméables à leur entourage

Nous avons constaté que les cas et les témoins qui étaient exposés aux écrans le matin avant l’école étaient trois fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage”, explique à l’AFP l’une des chercheuses, Manon Collet de l’université de Rennes (France). Tous passaient en moyenne une heure et quart par jour devant un écran.

Ce n’est pas le temps passé devant les écrans, en moyenne 20 minutes le matin, mais le moment de la journée qui a un impact. Cela va épuiser leur attention et les rendre moins aptes aux apprentissages”, relève Manon Collet. L’étude ne peut pas prouver le lien direct de cause à effet, mais établit un lien statistique certain, renforcé par les résultats de la recherche médicale déjà publiée, poursuit la chercheuse.

L’usage des médias numériques a augmenté au cours de la dernière décennie, y compris pour les jeunes enfants qui ont accès à la télévision, aux ordinateurs, aux consoles de jeux, aux tablettes et aux smartphones, rappellent les auteurs. Des études ont montré que les jeunes enfants exposés aux écrans avaient moins d’interactions émotionnelles avec leur entourage, ce qui est pourtant nécessaire à leur développement psychomoteur, en particulier le développement du langage.

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