Quand l'hôpital psychiatrique de Berrechid soignait par l'art

Dans les années 1980, le psychiatre Abdellah Ziou Ziou a eu l’idée d’insuffler une dynamique créative au sein du plus grand et sinistre établissement psychiatrique du royaume. Une courte parenthèse enchantée où artistes 
et patients ont tenté de communier autour de l’art.

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Les artistes Mohamed Kacimi et Malika Agueznay, discutant durant la semaine culturelle de l’hôpital psychiatrique de Berrechid. Crédit: Archives Abdellah Ziou Ziou

Sur les pas du psychiatre vénitien Franco Basaglia, qui a contribué à poser les bases d’une rupture totale avec les espaces d’aliénation que sont les asiles psychiatriques, le docteur Abdellah Ziou Ziou a rêvé d’une expérience alternative de la pratique thérapeutique au Maroc. Dans les années 1980, ce psychiatre engagé, membre fondateur de l’Union des écrivains du Maroc et d’Amnesty Maroc, a secoué l’indolence ambiante du plus grand hôpital psychiatrique du royaume en changeant complètement d’approche, convaincu de la nécessité d’humaniser le rapport du corps médical à la santé mentale. Son ambition est de taille. L’hôpital psychiatrique de Berrechid, le plus ancien du pays, est une structure monstre, construite en 1920 et accueillant, à l’époque où il décide de mener son projet, quelque 2000 patients, qui y croupissent parfois depuis les années 1940 et 1950. Dans son cabinet,…

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