Sept observateurs européens expulsés par les autorités à Laâyoune

Sept observateurs européens expulsés par les autorités à Laâyoune

Sept observateurs internationaux, dont cinq avocats espagnols, ont été empêchés le 19 mai d’entrer sur le territoire marocain depuis l’aéroport de Laâyoune. Ils devaient assister au procès d'une militante sahraouie qui affirmait être journaliste.

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Les sept observateurs européens expulsés par les autorités. Crédit: Facebook/ Equipe Media

Cinq avocats espagnols, dont deux inscrits au barreau de Las Palamas, ainsi que deux observateurs norvégiens se sont vus refuser le 19 mai l’entrée au Maroc, depuis l’aéroport de Laâyoune. Selon plusieurs médias espagnols, ils se rendaient dans le royaume pour assister au procès de la militante Nezha Khalidi accusée selon Human Rights Watch (HRW) de “ne pas remplir les conditions requises pour affirmer être journaliste”. Selon EFE, ils ont été envoyés par le Conseil général des avocats espagnols (Consejo general de la abogacía española) pour suivre le procès en tant qu’observateurs internationaux.

Me Lourdes Barón, qui fait partie du groupe d’avocats espagnols refoulés, affirme que les autorités marocaines leur ont interdit l’accès au territoire pendant que les observateurs passaient le contrôle de la police ce dimanche à l’aéroport de Laâyoune, vers 14 h 30, heure espagnole. Selon la même source, les sept voyageurs devaient avoir un cachet du ministère des Affaires étrangères marocain sur leurs passeports avant d’entrer. Le tampon en question aurait été refusé à l’un des membres de la délégation, “car à 17 autres reprises, il s’était rendu au Maroc pour des procès similaires et que la documentation fournie à cette occasion était (à ses yeux) suffisante”, poursuit l’avocate.

Les sept observateurs ont été ensuite reconduits vers un salon de l’aéroport de Laâyoune. Sept heures après leur arrivée, ils ont été transférés par avion à l’aéroport Mohammed V de Casablanca où ils ont dormi dans un hôtel “qu’ils ont payé” eux-mêmes, indique EFE. Selon l’avocate espagnole, le Maroc leur a également demandé de payer les frais des billets du vol achetés à destination de l’Espagne alors qu’il s’agissait d’un “refoulement”. Pour l’instant, les autorités marocaines n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’incident. Contactée par nos soins, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) est restée injoignable.

Article 381

Arrêtée le 4 décembre 2018, Nezha Khalidi, militante sahraouie affiliée au groupe Equipe Media basé à Laâyoune, risque jusqu’à deux ans de prison pour avoir affirmé être journaliste. Dans une note publiée le 16 mai dernier, l’ONG Human Rights Watch dénonçait ce procès, estimant que “les autorités marocaines se servent d’une loi visant à prévenir l’usurpation de fonction pour attaquer pénalement ceux qui tentent de dénoncer les violations des droits humains”. 

Nezha Khalidi est poursuivie en vertu de l’article 381 du Code pénal marocain qui interdit à “quiconque, sans remplir les conditions exigées pour le porter” de faire usage ou de se réclamer “d’un titre attaché à une profession légalement réglementée (…) ou d’une qualité dont les conditions d’attribution sont fixées par l’autorité publique”. Le même article punit les contrevenants d’une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans, rappelle l’ONG. Le procès de Nezha Khalidi devait débuter ce lundi, mais a été reporté au 24 juin selon le Huffington Post. 

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