Mahi Binebine: l'hymne aux cheikhates

Dans ‘Rue du Pardon’, son dernier roman, l’écrivain et peintre Mahi Binebine 
se met dans la peau d’une célèbre cheikha de Marrakech. Un hommage 
à ces femmes libres dans un pays “fondé sur l’interdit”. Morceaux choisis.

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“A travers cette histoire réelle revisitée, je voulais rendre justice à ces femmes libres et résistantes”, nous 
explique Mahi Binebine. Crédit: DR

Elle s’appelle Hayat, “la vie” en arabe. Un prénom qui dépasse celle qui a grandi rue du Pardon, à Marrakech, tantôt apprentie couturière, tantôt artiste en herbe, un foulard autour de la croupe. “Pour m’avoir baptisée de la sorte, elle avait dû nourrir de grandes ambitions à mon endroit”, regrette la rouquine. D’autant que son enfance est terne. Sa voisine, Mamyta, lui sert de refuge. Plus tard, cette célèbre cheikha, Serghinia de son vrai nom, lui fait la grâce de l’engager dans sa troupe et la sauver de sa famille. A 14 ans seulement, Hayat s’empresse de quitter les siens : les mains “calleuses” du père qui effleuraient sa peau et le regard insensible de la mère. Aux côtés de la diva plébiscitée, l’adolescente s’initie au monde de la nuit. Partagée entre les joies et…

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