Face à la multiplication des accouchements par césarienne, la CNOPS serre la vis

Face à la multiplication des accouchements par césarienne, la CNOPS serre la vis

À partir du 1er mai, les établissements de santé devront justifier le recours à la césarienne, annonce la CNOPS. Une mesure justifiée par la hausse significative de cette procédure qui représentait 61% du total des accouchements couverts en 2017 par l’organisme.

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Photo d'illustration. Crédit: AFP

A partir du 1er mai,  la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) couvrira toute césarienne non justifiée médicalement sur la base du forfait de l’accouchement par voie basse, annonce l’institution dans un communiqué publié ce mercredi. Le motif de ce changement ? L’accroissement significatif du taux d’accouchement par césarienne ces dernières années.

Sur les 30.583 accouchements couverts en 2017 par la CNOPS, 18.522 ont été réalisés par césarienne, soit un taux de 61%. À titre de comparaison, le communiqué indique qu’en 2006 ce taux était de 35%, et a atteint 43% en 2009 suite à la hausse du tarif national de référence qui est passé de 6.000 à 8.000 dirhams. En l’espace de 11 ans, les dépenses pour les accouchements par césarienne ont décuplé, passant de 13 millions de dirhams en 2006 à 130 millions de dirhams en 2017.

Le secteur privé, qui accapare 90% du nombre d’accouchements, enregistre un taux supérieur du recours à la césarienne. Il se situe à 66%, contre seulement 25% dans le secteur public, signale la CNOPS qui relève également que ce taux franchit la barre des 80% dans des hôpitaux privés à Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Kénitra et El Jadida. En 2017, 72% des femmes césarisées étaient âgées de 20 à 35 ans.

Dans son communiqué, la CNOPS note également que ces taux contrastent avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (taux minimum de 15%) et le taux moyen des 36 pays membres de l’OCDE (27,9%). Citant l’OMS, la Caisse rappelle que “bien que la césarienne permette de sauver des vies, il arrive souvent qu’elle soit pratiquée sans être médicalement nécessaire, risquant alors d’exposer la mère et l’enfant à des problèmes de santé à court, moyen et long termes”.

Au vu des chiffres annoncés, la CNOPS invite les établissements de soins à   “joindre à leur dossier de facturation un compte rendu précisant l’indication médicale du recours à la césarienne programmée ou d’urgence, en expliquant la raison motivant le recours à cet acte, le rapport bénéfices-risques de l’intervention et les conditions de sa réalisation”.

Cette décision de la CNOPS intervient près d’un an après la publication d’un dossier par TelQuel dénonçant le recours excessif à la césarienne par certains médecins notamment pour des questions de temps et de bénéfice pécuniaire.

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