Les Marocaines n'ont que trois quarts des droits reconnus aux hommes

Dans son dernier rapport sur l’égalité des droits entre hommes et femmes, la Banque mondiale a classé le Maroc à la première place dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Il est suivi par la Tunisie et l’Algérie qui occupent respectivement les 2e et 3e places. Là où ça coince ? Les inégalités en matière de droits de propriété.

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Les inégalités en matière de droits de propriété restent profondes. Crédits : AFP

A l’échelle mondiale, les femmes ne bénéficient que de trois quarts des droits reconnus aux hommes, selon un nouvel indice de la Banque mondiale publié le 27 février 2019. Elles ne peuvent ainsi accéder à l’emploi, créer une entreprise, ou prendre les décisions économiques les plus adaptées pour elles et leurs familles.

La région du Moyen-Orient & Afrique du Nord (MENA) affiche le score moyen le plus faible en matière d’égalité hommes-femmes avec un indice de 47,37, contre 74,71 au niveau mondial. C’est aussi celle dont la moyenne progresse le moins vite. Les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite sont en bas du classement, avec respectivement 29,38 et 25,63 sur 100.

Le Maroc, premier dans la zone MENA

Le Maroc obtient un score un peu en deçà de la moyenne mondiale avec 73,13 sur 100, comme le Burundi, l’Ouganda et la Russie. Le Royaume occupe néanmoins à la première place dans la région MENA. Il est suivi par la Tunisie, l’Algérie, la Libye et l’Égypte.

Le Maroc obtient de bons scores concernant la possibilité pour les femmes de se mouvoir librement, de commencer un travail sans entrave ou de diriger une entreprise. Il reste cependant à la traîne concernant la gestion d’actifs. Ce domaine de l’indice examine les inégalités entre les femmes et les hommes en matière de droits de propriété. En gros, comme cela a été observé à l’échelle globale, les Marocaines n’ont que trois quarts des droits reconnus aux hommes.

De nombreux paramètres ont été pris en compte pour calculer l’indice global d’équité entre hommes et femmes. Les auteurs du rapport ont notamment pris en compte le fait de se mouvoir (les contraintes sur la liberté de circulation), commencer un travail (analyse les lois affectant les décisions des femmes à travailler), être payée (mesures législatives et réglementaires concernant la rémunération des femmes), avoir des enfants (les lois sur le travail des femmes ayant un enfant), se marier (évalue les contraintes juridiques liées au mariage), gérer une entreprise (les contraintes rencontrées par les femmes qui démarrent et dirigent une entreprise), gérer des actifs (considère les différences entre les femmes et les hommes dans la propriété et l’héritage), obtenir une pension de retraite (les lois affectant le montant de la pension d’une femme).

 

Concernant le haut du classement au niveau mondial, six pays européens ont obtenu la note maximale de 100 points. Ce sont la France, la Belgique, le Danemark, la Lettonie, le Luxembourg et la Suède. Il y a dix ans, aucun pays ne pouvait se targuer d’obtenir cette note, a conclu le rapport de la Banque mondiale.

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