Craignant pour sa vie, une jeune saoudienne ayant fui sa famille demande l'asile sur Twitter

Craignant pour sa vie, une jeune saoudienne ayant fui sa famille demande l'asile sur Twitter

Une jeune Saoudienne qui se dit maltraitée par sa famille s'est érigée en "symbole de résistance" après avoir demandé l'asile sur son compte Twitter.

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Rahaf Mohammed Al-Qanun escortée vers la sortie de l’aéroport de Bangkok, le 7 janvier. SERVICES DE L'IMMIGRATION THAÏLANDAISE / AFP

Les fastes de Rahaf Mohammed Al-Qunun à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok ont provoqué un tsunami. D’indignations, d’abord, puis de hashtags : #saverahaf #freerahaf #canadarahaf… Human Rights Watch l’a même qualifié de « symbole de résistance ».

Renoncer à l’islam

Dimanche 6 janvier, dans la nuit. Une jeune femme se réfugie dans la zone de transit de l’aérodrome thaïlandais et poste un cri d’alarme sur Twitter. « Je vous en prie, j’ai besoin de vous tous. J’en appelle à l’aide de l’humanité. » Rahaf Mohammed Al-Qunun est saoudienne, elle a 18 ans et vient de fuir sa famille après avoir « renoncé à l’islam ». Elle affirme que ses parents « vont la tuer » si elle rentre chez elle.

Face à la forte pression internationale et à celle, encore plus forte, des réseaux sociaux, la Thaïlande a renoncé à expulser Rahaf, qui a été placée sous la protection du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU.

L’Australie envisage de l’accueillir. « Le gouvernement australien est heureux que la demande de protection de Mme Rahaf Mohammed Al-Qunun soit évaluée » par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur. « Toute demande de visa humanitaire de la part de Mme Al-Qunun sera évaluée avec soin une fois achevée la procédure du HCR ».

Une affaire de famille ?

Rahaf clame qu’elle subissait de mauvais traitements de la part de sa famille. Elle soutient aussi qu’elle ne voulait pas prier et porter le hidjab, mais qu’elle y a été forcée après avoir été « battue par son frère », selon une source thaïlandaise citée par le quotidien Sydney Morning Herald« Il ne s’agit pas d’une affaire politique ou internationale… C’est une affaire de famille », a lâché le chef de la police de l’immigration thaïlandaise, Surachate Hakparn, après une réunion à l’ambassade d’Arabie Saoudite à ce sujet. « Cela doit être réglé en famille », a-t-il insisté, alors que le père et un frère de la jeune fille sont arrivés à Bangkok pour lui parler.

Comme un air de déjà vu

Surachate Hakparn a affirmé qu’il n’était pas question de renvoyer une personne vers un pays où elle risquerait la peine capitale. « La Thaïlande étant le pays du sourire, bien sûr, nous n’enverrons pas quelqu’un à sa mort », a-t-il déclaré selon le site d’informations Khaosod. Mais Bangkok tient aussi à ses liens avec Riyad. « La chose importante que nous devons garder à l’esprit est le maintien des relations diplomatiques, et sa propre sécurité aussi », a-t-il ajouté. Selon le principe international de non-refoulement, un demandeur d’asile ne peut pas être expulsé ou renvoyé vers un pays dans lequel il risquerait d’être exposé à de la torture, des traitements inhumains ou dégradants, et où sa vie ou sa liberté seraient menacées. Mais la Thaïlande n’est pas signataire d’une convention des Nations Unies sur les réfugiés.

En avril 2017, une autre jeune Saoudienne, Dina Ali Lasloom, qui était en transit à Manille, avait été remise de force dans un avion pour le Moyen-Orient. Elle aussi fuyait sa famille. Depuis, aucune information ne circule à son sujet.

 

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