« Flana », la réalité virtuelle au service des victimes de violence domestique

Baptisée « Flana », l’application lancée par le collectif Ta7rir et déclinée sous la forme d’un jeu téléchargeable sur Android recourt à la réalité virtuelle pour diagnostiquer les types de violence domestique que subissent les femmes.

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Ta7rir/Facebook

La réalité virtuelle pour soutenir les victimes de violence domestique. Telle est l’ambition du collectif Ta7rir et de son application « Flana ». Après le jeu de cartes « Tayka » pour raconter un Maroc au-delà des stéréotypes, la bande-dessinée « Oncle Rahal » qui démystifie les cursus scolaires et le podcast sonore « Maqha » (café) pour s’inspirer des artistes, Ta7rir s’attaque à un phénomène social majeur au Maroc : la violence domestique à l’encontre des femmes.

En recourant à la réalité virtuelle, l’application « Flana » (en période de test et adaptation de contenu), déclinée sous forme d’un jeu téléchargeable sur Android, ambitionne « de diagnostiquer les types de violences domestiques que les femmes subissent, » résume ainsi l’entrepreneur Karim El Hamri, fondateur de Ta7rir. Pour ce faire, un questionnaire comprenant trente questions en darija (une version amazighe verra le jour à court terme) est destiné aux utilisatrices, ces dernières peuvent y répondre en secouant la tête. Une démarche pensée pour que l’application soit « accessible aux femmes analphabètes, principales victimes du fléau sociétal, » assure-t-il.

 

Une fois le questionnaire achevé, il en résulte un guide pratique, lui-même en darija, qui propose aux utilisatrices les lieux d’écoute et de soutien proches de leur localisation, les lois en vigueur criminalisant les violences domestiques et les « best practices » pour surmonter les difficultés post-violence. Mais, le collectif ambitionne également de « plaider pour la mise en place de mesures de sauvegarde visant à protéger les femmes vulnérables confrontées à la violence domestique, et adopter des dispositions efficaces pour lutter contre les pratiques socioculturelles préjudiciables aux femmes, » aspire l’entrepreneur.

 

« Flana » se veut également un outil nécessaire pour les associations œuvrant dans ce domaine. « Selon un rapport national publié en 2016, les femmes confrontées à ce genre de violence osent désormais faire entendre leurs souffrances », se félicite Karim El Hamri. « Notre application est destinée également aux associations qui fournissent des conseils juridiques, psychologiques aux victimes de violences domestiques. » Pour le fondateur de Ta7rir, l’automatisation de la phase de diagnostic et de reporting des meilleurs pratiques pourrait avoir un impact considérable sur les soutiens fournis par ces associations.

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