Chez Daoudi, les pétroliers se sont plaints d’un « acharnement » politique – Telquel.ma

Chez Daoudi, les pétroliers se sont plaints d'un « acharnement » politique

Alors que les prix des carburants connaissent leur plus forte baisse depuis la libéralisation du secteur en 2015, Lahcen Daoudi a reçu le 29 novembre les pétroliers dans son bureau. Voici ce qu’ils se sont dits.

Par

Rachid Tniouni

Depuis la libéralisation du secteur en 2015, jamais les prix des carburants n’ont connu une telle tendance à la baisse. Une dévaluation liée principalement à la baisse des cours de pétrole à l’international et qui se répercute sur les prix à la pompe au Maroc.

Pour en discuter, le ministre des Affaires générales Lahcen Daoudi, a réuni le 29 novembre les pétroliers marocains dans son bureau. « Pendant la réunion, monsieur le ministre nous a parlé des prix des produits pétroliers et nous a demandé quelles étaient les tendances actuelles. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a une tendance qui est baissière qui se répercute automatiquement sur le prix (à la pompe) », nous explique Adil Ziady, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM).

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« De notre côté, nous avons insisté pour qu’on arrête de parler de ce secteur au niveau politique. Les choses se passent normalement, les gens respectent les lois de la concurrence. Le gouvernement a les moyens de les suivre et il le fait en regardant s’il y a des abus au niveau des prix », poursuit-il.

« Acharnement » ?

Pour Adil Ziady, les pétroliers marocains subissent un « acharnement » de la part des politiciens et députés depuis la libéralisation du secteur. Il l’a fait savoir au ministre. « Nous voulons rester concentrés sur notre métier de base qui est l’approvisionnement du secteur où nous avons beaucoup de contraintes, dont l’exploitation, la gestion des terminaux, les programmes pour garantir des stocks de sécurité devenus très contraignants. Nous ne voulons plus être systématiquement l’objet de polémiques, notamment au niveau du gouvernement. Certains opérateurs ont aussi insisté sur le fait qu’il y avait beaucoup de secteurs au Maroc et qu’ils ne comprenaient pas pourquoi parmi les 10.000 produits qui sont commercialisés un peu partout, on s’acharne exclusivement sur le carburant et de manière répétitive. C’est le message qu’a voulu faire passer le groupement au ministre », soutient le président du GPM. Pour rappel, entre la libéralisation du marché au Maroc en décembre 2015 et la fin de l’année 2017, les pétroliers marocains ont engrangé des marges supplémentaires de l’ordre de 15 milliards de dirhams.

Lahcen Daoudi a-t-il entendu le message du GPM ? Oui, selon Adil Ziady : « Monsieur Daoudi l’a compris parce qu’il voit très bien les réalisations (faites dans le secteur). Il voit bien que ce qu’on lui dit, ce sont des choses réelles. Il a les moyens de calculer et de suivre les formules de prix. Bien sûr, chaque société a une formule de prix particulière, c’est pour ça qu’il y a des différences de prix au niveau des stations-service qui inclut ses propres charges ».

Contacté à plusieurs reprises, le ministre des Affaires générales est resté injoignable. « On est arrivé à l’idée qu’il faut un plafonnement des marges et une concurrence située en dessous de ce plafond. Une commission va commencer à travailler dessus dès la semaine prochaine. Aussi, j’ai demandé une baisse de 60 centimes par litre pour le diesel pour qu’on reste dans le niveau de 2015. Ce n’est pas le moment d’augmenter les profits », avait-t-il déclaré le 29 novembre à Médias24.

« Le ministre nous a expliqué sa position. Pour nous, le gouvernement est souverain. Il peut appliquer la méthode qu’il veut, c’est lui qui décide de la fixation des prix par secteur. Nous nous sommes engagés avec le gouvernement sur un processus de libéralisation. Nous avons signé des protocoles que nous respectons et suivons avec un programme d’investissement, mais l’Etat reste souverain. Quel que soit ce système, les sociétés vont s’y adapter avec ses avantages et ses inconvénients. Aujourd’hui, ce système de libéralisation permet à l’Etat d’économiser 35 milliards de dirhams par an. Je ne pense pas que les finances publiques soient très à même de supporter une charge aussi lourde et revenir à la compensation et gérer tous ces inconvénients », ajoute Adil Ziyadi

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