Maroc-Belgique : « Nous pouvons faire mieux du côté économique » – Telquel.ma

Maroc-Belgique : « Nous pouvons faire mieux du côté économique »

La soeur du roi Philippe de Belgique visite en grande pompe le Royaume pour une mission économique d’envergure. Concrètement, quel est l’objectif de cette rencontre ?

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La princesse Astrid est accompagnée d’une impressionnante délégation d’officiels et d’hommes d’affaires. Crédit : Twitter

La princesse Astrid, représentante du roi des Belges, entame cette semaine « la plus grande mission économique jamais organisée » de la Belgique au Maroc. Une visite de quelques jours entre Casablanca, Rabat et Tanger censée renforcer davantage les relations de coopération entre les deux pays, amorcées il y a plus d’un siècle.

Beaucoup d’économie…

Ils sont plus de 450 responsables politiques et entrepreneurs belges à participer à cette mission sobrement intitulée « Maroc : Marché cible 2018 ». Début des festivités le 26 novembre à Casablanca avec un forum belgo-marocain axé sur l’économie marocaine, où la princesse Astrid a notamment rencontré Rkia Derham, Secrétaire d’État pour le commerce extérieur et Othman Benjelloun, président de la BMCE. « Cette rencontre est une porte ouverte pour les entreprises belges. Certaines vont se greffer à de grands groupes marocains, d’autres scrutent pour l’instant le marché et commencent à prospecter », explique Christophe de Nijs, conseiller des affaires politiques et économiques à l’ambassade de Belgique au Maroc.

A l’issue de cette visite, la Belgique espère signer une trentaine de contrats avec le Maroc. Crédit : Twitter

Et les entreprises marocaines, qu’y gagnent-elles ? La question fait sourire Christophe de Nijs : « En une semaine, elles vont pouvoir rencontrer le fleuron de l’industrie belge. » La réponse est concise. Chimie, santé, services financiers, transport, énergies renouvelables… Au total, 30 secteurs sont représentés. L’ambassade belge espère récolter une trentaine d’accords signés à la fin de la semaine, même si « les retombées de cette rencontre restent encore difficiles à chiffrer. » Rendez-vous dans 2 à 5 ans, pour voir si la greffe belgo-marocaine est un succès ou… un rejet.

Mais d’ores et déjà, deux gros poissons de l’industrie aéronautique, SABCA et Sabena Aerospace, ont signé un contrat le 26 novembre en présence de la princesse Astrid de Belgique, dans le but de proposer des services de maintenance d’aéronefs militaires. « Le choix du Maroc pour installer cette nouvelle base s’est rapidement imposé (…). La main d’œuvre est de qualité, le gouvernement encourage le développement de l’industrie et nos deux pays souhaitent renforcer leur collaboration », explique Thibauld Jongen, CEO du groupe SABCA dans un communiqué.

… Et une pincée de diplomatie

Alors que la coopération politique et culturelle entre les deux pays est forte — notamment due à la large diaspora belge au Maroc, démographiquement la plus importante du pays —, « nous pouvons faire mieux du côté économique, c’est encore trop timide », regrette Christophe de Nijs.

Les échanges commerciaux bilatéraux restent en effet bien en deçà des potentialités économiques des deux pays. Le Maroc est seulement le 44ème client de la Belgique et son 61ème fournisseur. Une place qui grimpe néanmoins atteignant les 332,8 millions d’euros pour les importations belges de produits marocains et 889,7 millions d’euros pour les importations marocaines de produits belges en 2017. 

La princesse Astrid a notamment rencontré Othman Benjelloun, président de la BMCE. Crédit : Twitter

Près de 10 ans que la Belgique n’avait pas mis les pieds au Maroc, avec une dernière mission économique menée par le roi Philippe, qui était alors encore prince, en 2009. Depuis, la Belgique l’a bien compris : le Maroc, de par sa position stratégique entre l’Europe et l’Afrique, sa stabilité politique et sa robustesse économique, est un marché séduisant. Et de reconstruire une ambassade belge digne de ce nom à Rabat, l’ancienne n’étant plus à « l’image des ambitions de la Belgique au Maroc », souligne Christophe de Nijs, insistant sur « le capital sympathie » entre les deux royaumes et « l’accueil chaleureux du gouvernement marocain ». La première pierre de l’ambassade sera posée le 27 novembre. 

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