3 jeunes créateurs sous le feu des projecteurs au festival international de la mode en Afrique

A l'occasion du concours jeunes créateurs organisé durant la 11e édition du festival international de la mode en Afrique, tenu pour la première fois au Maroc, trois jeunes talents de mode se sont distingués. Présentation de Youssef Drissi, Kevin Regis Santony et Intissar Baiz.

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Travail d'Intissar Baiz. ©Yassine Toumi.

Place aux nouveaux talents. Conçu comme une pépinière pour les jeunes créateurs de mode, le festival international de la mode en Afrique a donné une tribune, le 22 novembre à Dakhla, à treize jeunes créateurs venus des quatre coins d’Afrique.

Durant ce défilé, il y avait ceux qui ont choisi la facilité en revisitant le wax, ce fameux tissu africain, ceux qui ont misé sur des accessoires osés, comme les paillettes, le satin ou encore les froufrous, puis il y avait ceux qui se sont distingués par leur créativité et audace. Parmi ces créateurs en herbe, Youssef Drissi, Kevin Regis Santony et Intissar Baiz se sont particulièrement démarqués.

Youssef Drissi : le frondeur

Youssef Drissi a une allure hybride entre Janis Joplin et Jimmy Hendrix, il n’a pas froid aux yeux, et surtout il a remporté le premier prix du concours jeunes créateurs du FIMA, se plaçant ainsi devant l’Ivoirien Kevin Santony. C’est grâce à son audacieux projet de fin d’études « Late to work », que ce jeune styliste marocain, et lauréat 2018 de l’école de mode Casa Moda Academy de Casablanca, est montée en tête du podium.

Dans cette collection « indisciplinée », présentée sur le légendaire morceau de Plastic Bertrand « ça plane pour moi », le créateur a tenté de déconstruire le mythique costume-cravate. Chemises et pantalons à l’envers,  vestes flottantes XXL, avec ou sans manches, ou encore chemises rafistolées avec des bouts de maillots de football… Le clou de l’uniforme étant des bobs de pêcheurs en tweed. Une créativité osée qui a visiblement conquis le jury.

Youssef Drissi est ainsi reparti avec un premier prix africain, un chèque de 35.000 dirhams alloué par l’OCP le FIMA, et surtout une ambition gonflée à bloc.

Kevin Regis Santony : le classique

Le travail de Kevin Regis Santony. © Yassine Toumi.

« Le monde ne cesse de faire des plis. Des plissements géologiques aux plis sur l’eau, des rides du corps aux drapés du vêtement, le pli est le mouvement même de la vie et il en est la trace », explique l’auteur Nadine Vasseur dans son livre Les Plis (2002). Des propos qui raisonnent avec la collection présentée par le jeune créateur ivoirien Kevin Regis Santony, et qui lui a valu le second prix du concours.

Pour l’occasion, le fashion-designer a opté pour un choix stylistique simple, même si peu être peu convenu pour les plus sceptiques. Ce parti pris est celui de s’inspirer des différentes possibilités offertes par le pli. Les robes sculpturales de Kevin Regis Santony sont non sans rappeler  les chitons, ces tuniques de la Grèce antique portées tout autant par les femmes que par les hommes.

Intissar Baiz : la dandy-pop

La collection d’Instissar Baiz. ©Yassine Toumi.

Cette jeune créatrice marocaine repart quant à elle les mains vides du concours des jeunes créateurs de la 11e édition du FIMA. Pour le défilé, l’artiste a fait le parti pris de jouer sur les contrastes des couleurs et des formes. Si le résultat peut paraître non abouti, son travail n’en est pas moins prometteur.

Inspirée des légendaires sapeurs d’Afrique, qui ont l’art et la manière de ne jamais passer inaperçus, Intissar Baiz donne à voir des costumes cousus à partir de tissus imprimés anachroniques et des chemises au tissage en wax. Un dandysme-pop dominé par la couleur et qui a fait souffler un air frais et original durant ce défilé de jeunes créateurs.

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