[Les cigognes sont immortelles d'A. Mabanckou] Le poids des mots

Dans son douzième roman, Alain Mabanckou revient sur un souvenir d’enfance : l’assassinat du président congolais Marien Ngouabi.

Par

Alain Mabanckou, prix Renaudot 2006 pour "Mémoires de porc-épic" (Seuil) est romancier, poète et professeur de littérature francophone. Il est membre du Collège de France.

Dans le quartier populaire de Voungou à Pointe-Noire, le petit Michel mène une existence tranquille et rêveuse. Il suit ses études au Collège des Trois-Glorieuses en attendant d’aller au lycée Karl-Marx, est attentif à la mode des chaussures “La Chine en colère”, comme Bruce Lee dans Opération Dragon, aime son chien Mboua Mabé (chien méchant en lingala). Il va chercher chez la truculente Mâ Moubobi la bouteille et le tabac à priser de son père, perd souvent la monnaie, apprécie les moments sous le grand manguier, dans la parcelle achetée par sa mère. Jusqu’au jour où Papa Roger lui annonce tristement : “Il y a eu des coups de feu hier à Brazzaville…” Le 18 mars 1977, le “camarade président” Marien Ngouabi a été assassiné. S’ensuivent une purge et des violences à l’encontre de ses proches, mais aussi des membres de leur tribu.

Conflit de loyauté

Les cigognes sont immortelles. Alain Mabanckou….

article suivant

L’état d’urgence prolongé jusqu’au 10 août