Un habitant périt dans un éboulis de pierre, deuxième décès en cinq jours

Il s'agit de la deuxième mort causée par l'activité informelle du charbon à Jerada en l'espace de cinq jours.

Par

AFP

Un quadragénaire qui ramassait des résidus de charbon dans la montagne est mort dans un éboulis de pierres dans les environs de l’ex-cité minière de Jerada (nord est), a appris l’AFP dimanche auprès de militants locaux. L’information a été confirmée à Telquel.ma par des sources associatives locales. Bachir Maaizi, père de trois enfants, a été tué par un éboulement d’un monticule de poussière et de pierre – appelé « remblais » par les mineurs – pendant qu’il récupérait les rejets de charbon anthracite, utilisés pour le chauffage et la cuisine par les locaux. Ce décès accidentel intervient quelques jours après la mort d’un jeune de 18 ans dans l’effondrement d’un puits désaffecté où il était descendu chercher du charbon. Ces décès ont suscité des réactions d’indignation sur des pages Facebook consacrées à la vie locale.

La ville sinistrée de Jerada a connu en début d’année un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés, fin décembre 2017, suivie de deux autres décès accidentels dans des conditions similaires. Les habitants réclamaient une alternative aux mines clandestines, dans lesquelles s’aventurent des centaines d’hommes pour extraire du charbon de façon artisanale afin de le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et dotés de permis de commercialisation. Face aux protestations qui ont duré de décembre 2017 à avril 2018, les autorités avaient annoncé une série de mesures pour relancer l’économie locale, promis de fermer les puits abandonnés, présenté un plan de reconversion pour créer des emplois et interdit toute « manifestation illégale ».

A la suite de ces manifestations, 95 personnes ont été arrêtées, dont 25 ont déjà été jugées, selon un avocat qui a défendu quelques uns des prévenus, Me Abdelhak Benkada. Neuf manifestants ont été condamnés cette semaine à des peines de 3 à 5 ans de prison ferme, notamment pour « destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits ou participation à une manifestation non autorisée ». Tous étaient incarcérés depuis mi-mars, après une manifestation interdite marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre.

Avec AFP

article suivant

Enass, un nouveau média pour les “sans-voix” au Maroc