Trump et le défi des élections de mi-mandat

Les Américains se présentent ce mardi 6 novembre aux urnes pour désigner leurs représentants au Congrès. Des élections qui prennent des allures de référendum sur Donald Trump deux ans après sa victoire à la présidentielle, dans un pays profondément divisé.

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Donald Trump, président des États-Unis Crédit: AFP

La campagne des élections américaines de mi-mandat a touché à sa fin. Depuis ce matin, les premiers bureaux de vote ont ouvert sur la côte Est des États-Unis, plus tard dans la matinée la moitié des Etats accueillaient leurs électeurs. Les « midterms » représentent un enjeu crucial pour la suite de carrière de Donald Trump.

En jeu : les 435 sièges de la Chambre des représentants, le tiers de ceux du Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’Etats, de la Floride à l’Alaska. Si le nom de Donald Trump ne figure sur aucun bulletin de vote, il sera dans tous les esprits, chez ses partisans enthousiastes comme chez ses farouches détracteurs.

Les démocrates sont donnés favoris par les sondages pour emporter la majorité à la Chambre des représentants, tandis que les républicains devraient conserver le contrôle du Sénat.

Les démocrates donnés favoris

Deux ans après la soirée du 8 novembre 2016, qui avait propulsé le milliardaire de New York à la Maison-Blanche, les démocrates espèrent prendre une revanche politique, au moins partielle, avant l’échéance de 2020. Sauf que, traditionnellement les élections de mi-mandat s’avèrent être délicates pour le président en place. Deux ans après l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche,  les démocrates avaient en effet subi une cuisante défaite, payant en particulier les âpres débats autour de la réforme du système de santé.

De son côté, Donald Trump est confiant. Le 5 novembre, lors de son ultime meeting à Cap-Girardeau dans le Missouri, le président des États-Unis a clamé : « Il se passe quelque chose, et cela me rappelle l’atmosphère d’il y a deux ans ». Tout en lançant que la « sécurité » et la « prospérité » étaient en jeu dans cette élection. Mais, la perte de la Chambre, en dépit des excellents chiffres de l’économie américaine, serait un revers personnel pour Donald Trump, tant il a fait de ce rendez-vous électoral un test sur sa popularité.

Malgré l’optimisme habituel de l’homme fort des USA, l’incertitude est réelle. Les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir dire avec certitude qui sera le vainqueur, mettent en garde les sondeurs, échaudés par la « surprise » Trump en 2016. Et, selon le dernier sondage réalisé par SSRS pour CNN, M. Trump a notamment de quoi être inquiété par le vote des Américaines : 62% d’entre elles soutiennent les démocrates.

La carte Trump

Enchaînant les rassemblements « Make America Great Again », Donald Trump a fait campagne jusqu’au dernier moment. Le magnat de l’immobilier, qui avait démarré sa campagne présidentielle en traitant les immigrés mexicains de « violeurs », a pour ces élections de nouveau opté pour la même carte de visite. Soit : un message anxiogène sur l’immigration pour séduire les foules. « C’est une invasion », martèle-t-il depuis plusieurs semaines à propos des migrants d’Amérique centrale traversant actuellement, en groupe, le Mexique vers la frontière américaine.

Semblant anticiper une possible défaite à la Chambre, Donald Trump affirme depuis quelques jours qu’il s’est essentiellement concentré sur le Sénat. En effet, la carte électorale sénatoriale joue, cette année, en faveur des républicains : le renouvellement par tiers concerne cette année des États majoritairement conservateurs.

Sur les 35 sièges en jeu, les sénateurs sortants les plus en difficulté sont des démocrates élus dans le Dakota du Nord, l’Indiana, le Montana et le Missouri. Les Etats-Unis pourraient donc se retrouver, le 3 janvier 2019, avec un 116e Congrès divisé. Ce qui pourrait paralyser le programme du 45e président des Etats-Unis, jusqu’aux prochaines élections de 2020.

Avec AFP

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