Daoudi: "Le plafonnement des prix des carburants n’est plus nécessaire"

Pour le ministre chargé des Affaires générales, le décret que le gouvernement avait prévu pour plafonner les prix des carburants n’est plus nécessaire puisque les marges des distributeurs auraient été réduites estime-t-il.

Par

Rachid Tniouni

Le gouvernement fait-il marche arrière concernant le plafonnement des prix des carburants ? Il semblerait que oui. Dans une interview accordée à Akhbar Al Yaoum, qui en a diffusé quelques extraits, Lahcen Daoudi assure que le projet de décret qu’il avait prévu de présenter dans ce sens « n’est plus nécessaire ».

Le ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance déclare que cette mesure avait été proposée directement après la libéralisation du marché des carburants en 2015, lorsque les marges des bénéfices des pétroliers étaient élevées. « Notre objectif avec le plafonnement était de faire baisser les prix des carburants, chose qui a d’ores et déjà été entreprise par les sociétés pétrolières », a-t-il fait savoir. Et d’ajouter : « Hormis certaines compagnies qui exercent toujours des tarifs plus ou moins élevés », la majorité d’entre elles ont déjà appliqué une baisse significative sur leurs prix ».

Les prix à la pompe proposés à l’heure actuelle, d’après le ministre, seraient plus bas de 30 centimes comparés aux tarifs que le gouvernement prévoyait de proposer dans son décret de plafonnement. « Si le décret en question est publié, ces sociétés devront revoir leur prix à la hausse pour atteindre le plafond qu’on a prévu dans le texte », a-t-il assuré.

Des discussions avec les pétroliers au programme

Dans son entretien accordé à Akhbar Al Yaoum, Lahcen Daoudi a également fait savoir que des réunions avec les représentants des sociétés pétrolières sont prévues. Au menu de ces rencontres : la discussion sur les coûts de stockage des carburants et le point sur la libéralisation du marché. « Le décret en question reste un moyen de pression sur les sociétés pétrolières pour les pousser à stabiliser les prix. Si elles revoient entre temps leurs prix à la hausse, le décret sera publié ».

Interrogé sur les marges de bénéfices engrangées par les pétroliers depuis la libéralisation du marché au Maroc, en décembre 2015, et qui sont estimées à 17 milliards, Daoudi a pris la défense de ces derniers. « Ces sociétés ont investi dans les infrastructures des stations-service. Elles ont développé la main d’œuvre et ont aussi fait que ces employés puissent bénéficier d’une couverture médicale ».

Le ministre PJD a également été questionné sur la compensation du gaz butane. Concernant, le registre social unique (RSU) qui « permettra au gouvernement de cibler (les familles) en matière d’aide sociale”, il sera prêt en 2021, comme récemment indiqué par le ministre de l’Economie et des Finances. Le gouvernement ne devra alors plus subventionner le gaz butane. « De mon point de vue, le gouvernement doit prendre cette mesure durant la même année, même si cela pourra avoir un impact négatif sur le parti en pleine période électorale », a estimé Daoudi.

Le RSU, aux yeux du ministre, permettra aux « pauvres » de bénéficier de compensations lorsque le gaz ne sera plus subventionné par l’Etat. « Le système que le Maroc veut instaurer aujourd’hui a déjà fait ses preuves en Inde », a-t-il assuré, indiquant au passage que des « moyens technologiques sophistiqués » seront utilisés par le gouvernement pour calculer le nombre de familles qui pourront bénéficier des aides de l’Etat.

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