SIMEF, le destin tragique d’un fleuron de l’industrie

Fabriquant des célèbres armes Beretta, puis de la fameuse motocyclette Peugeot 103, la société fassie devait être entièrement liquidée durant le mois d’octobre. Retour sur une histoire riche en rebondissements.

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A partir de 1974, la majorité des moteurs à essence et diesel destinés à équiper les mobylettes marocaines sortent des ateliers de la SIMEF. Crédit: DR

Quarante ans avant le Plan d’accélération industrielle et son écosystème “moteurs et transmission”, le Maroc fabriquait déjà des moteurs essence, diesel et électriques avec un taux d’intégration atteignant les 80%. Un taux qui rendrait jaloux Moulay Hafid Elalamy lui-même, pourtant si fier de ses réalisations dans le secteur automobile, ce nouveau métier mondial du Maroc. La SIMEF, passée en l’espace d’un demi-siècle de fabrique d’armes à fleuron de l’industrie mécanique puis à entreprise en liquidation, raconte une histoire. Celle du capitalisme marocain depuis l’indépendance, de ses succès, de l’euphorie des premières aventures industrielles, puis de la catastrophe d’un virage de la privatisation mal négocié. Mais aussi celle des premières luttes syndicales.

Des Beretta made in Fès

Tout commence au lendemain de l’indépendance, lorsque l’état marocain rachète une usine d’armes installée à Fès et appartenant à des investisseurs italiens. La Manufacture nationale d’armes et de munitions (MNAM) voit ainsi le jour. L’usine fabriquera,…

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