Un enfant marocain serait privé de la moitié de son potentiel par manque d’éducation et de soins – Telquel.ma

Un enfant marocain serait privé de la moitié de son potentiel par manque d'éducation et de soins

La Banque mondiale présente un nouvel indice du capital humain. En se basant sur des données de 2018 pour mesurer l’investissement des États dans l’éducation et la santé, il ressort qu’un enfant marocain pourrait s’avérer être deux fois moins productif par faute de bonne scolarité et de suivi médical. 

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Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL

Au fond que souhaite-t-on à nos enfants ? Qu’ils soient en bonne santé et bien formés à l’école. C’est également ce que préconise un nouvel indice, présenté le 12 octobre par la Banque mondiale à Bali, afin d’avoir un impact sur la croissance économique d’un pays. En s’appuyant sur des données actuelles telles que le niveau d’éducation, l’espérance de vie jusqu’à dix-huit ans, et l’accès aux soins des enfants nés en 2018, l’Indice du capital humain (ICH) met en relief comment un meilleur accès à ces domaines peut avoir un impact sur la productivité des futurs travailleurs.

« S’ils ne développent pas leur capital humain, les pays ne peuvent pas maintenir une croissance économique durable, préparer leur main-d’oeuvre aux emplois plus qualifiés de demain et faire face à la concurrence dans l’économie mondiale  », explique la Banque mondiale, auteur de l’étude intitulée The Human Capital Project. En tout 157 pays ont été analysés afin d’établir un classement inédit, dévoilé lors de l’assemblée générale de l’institution le 11 octobre. Ce baromètre est calculé sur une échelle de 0 à 1. Et, au vu du rapport, le Maroc pourrait très bien être mal loti sur le long terme.

Statistiques peu envieuses pour le Maroc

98e. C’est le classement du Royaume, dont la moyenne se situe à peine à 0.50. « Si les conditions actuelles d’éducation et de santé persistent au Maroc, un enfant né aujourd’hui sera deux fois moins productif qu’il n’aurait pu l’être s’il avait bénéficié d’une éducation complète et d’un bon suivi médical », alarme le rapport.

Une situation préoccupante sur le plan individuel, mais dont les répercussions pourraient s’avérer conséquentes pour la prospérité du pays. Si les choses persistent, le statu quo coûterait au Maroc 50 % de son revenu à long terme. En se projetant sur cinquante ans, cela pourrait correspondre « à une réduction annuelle de 1,4 point de pourcentage de croissance par an ».

Des statistiques peu envieuses, qui placent le Maroc derrière ses voisins algériens (93e, 0.52) et tunisiens (96e, 0.51), mais devant l’Égypte (104e, 0.49). La Mauritanie, elle, ne pointe qu’à la 150e position (0.35), non loin du Tchad qui complète le classement avec la note la plus basse (157e, 0.29). Un résultat à l’image de la moyenne générale du continent africain, surreprésenté en queue de classement. Et pour cause, si l’on excepte le Yémen, les vingt dernières places sont occupées par des pays africains. Mais, il y a certaines surprises, à l’image du Nigeria (152e, 0.34), voire de l’Afrique du Sud (126e, 0.41).

Peu d’attention accordée à la santé et l’éducation

Pour la Banque mondiale, au Maroc, le manque de considération apportée aux secteurs liés à la santé et à l’éducation est préoccupant. Voire, incite à l’urgence : « Le capital humain est souvent le seul capital des personnes les plus pauvres, c’est l’un des facteurs essentiels d’une croissance économique durable et inclusive. Pourtant, les investissements dans la santé et l’éducation n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. »

Un constat à l’inverse de l’Asie Orientale en la matière, qui truste la tête du classement notamment grâce à un système éducatif performant. À l’image du trio de tête : Singapour (1er, 0.81), Corée du Sud (2e, 0.84) et le Japon (3e, 0.84). La France, elle, figure à la 22e place (0.76).

« Aucun pays n’atteint le score maximum et tous ont quelque chose à apprendre des conclusions de cet indice. Y compris les plus avancés qui vont devoir continuer à développer leur capital humain pour s’adapter à l’économie de demain », conclut Annette Dixon, vice-présidente de la Banque mondiale en charge du développement humain.

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