Non-voyant, il décède en chutant du toit d'un ministère où il manifestait pour un emploi

Non-voyant, il décède en chutant du toit d'un ministère où il manifestait pour un emploi

Âgé de 28 ans, Saber Haloui était membre d'une association de diplômés chômeurs non-voyants qui tenaient un sit-in sur le toit du ministère de la Solidarité à Rabat. Il est décédé le 7 octobre après une chute mortelle depuis le toit du bâtiment. Précisions.

Par

Capture d'écran Youtube.

Consternation générale chez les non-voyants diplômés chômeurs réunis au sein d’une association de Coordination nationale. Le 7 octobre à Rabat, le sit-in qu’ils organisaient au sein même du ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social a viré au drame.

Saber Haloui, 28 ans, originaire de Marrakech, est décédé après sa chute du toit du bâtiment. Dans une vidéo publiée par AlYaoum24, un des membres de la Coordination des non-voyants diplômés chômeurs explique que son camarade, licencié en sciences sociales, « ne s’est pas suicidé », mais qu’il était « venu revendiquer son droit à l’emploi pour s’assurer une vie décente, avant de chuter dans le hall intérieur du bâtiment ».

Une chute de cinq étages

Selon les données recueillies par TelQuel Arabi, le jeune homme parlait sur son téléphone portable lorsqu’il a trébuché et est tombé du haut du bâtiment de cinq étages. Selon la même source, Saber Haloui a perdu la vie avant son transfert à l’hôpital.

La Coordination nationale des diplômés chômeurs non-voyants occupe depuis le 26 septembre le siège du ministère dirigé par Bassima Hakkaoui.

Au moment des faits, « une quinzaine de personnes non-voyantes avaient pris d’assaut le siège du ministère après avoir ouvert sa porte. Les gardes de sécurité ont été surpris, ils n’ont pas réussi à les arrêter, » raconte une source citée par TelQuel Arabi.

La même source ajoute que les diplômés chômeurs non-voyants, « accompagnés de personnes ne souffrant pas de perte de vision, avaient brisé la porte de la cuisine du ministère avant de grimper sur le toit et de fermer la porte, en portant des jerricanes d’essence, et en menaçant de se brûler s’ils n’étaient pas employés ».

Comme le toit du ministère était proche du bureau de la ministre, cette dernière « a été obligée de déménager dans l’annexe de son département, avenue Al Abtal, tout en informant le Chef du gouvernement ainsi que le ministre de l’Intérieur de la situation, et en soulignant qu’il était impossible de répondre aux demandes des manifestants ».

Pour un poste dans la fonction publique

Pour les manifestants, la ministre porte la responsabilité d’intégrer cette catégorie de demandeurs d’emploi dans la fonction publique. « Elle s’adressait à nous en disant qu’elle était une dame de fer et qu’elle ne pliera pas face à nos revendications », poursuit le membre du groupe.

Dans un communiqué en date du 7 octobre, le département de Bassima Hakkaoui a indiqué qu’« immédiatement après sa chute du côté arrière de l’immeuble, le défunt a été transféré dans une ambulance mobilisée près du ministère tout au long de ce sit-in ». Avant d’ajouter : « La victime a rendu l’âme en route vers l’hôpital Ibn Sina ».

Réagissant à l’événement, la ministre PJD s’est exprimée sur sa page Facebook pour déclarer qu’« une enquête sera ouverte dans les prochains jours afin de déterminer les circonstances de cet accident ».

Ce n’est pas la première fois que la Coordination des non-voyants diplômés chômeurs proteste devant le bâtiment pour réclamer ses revendications sociales. En mai 2016, une dizaine de membres menaçait de commettre un « suicide collectif » en s’immolant par le feu.

article suivant

Les prévisions du HCP sur la situation démographique du Maghreb à l'horizon 2050

Engagez-vous à nos côtés, pour un journalisme indépendant et exigeant.
Abonnement 100% numérique.

Tout TelQuel en illimité

Accédez à tous nos articles sur
ordinateur, tablette et mobile.

Les alertes confidentielles

Recevez par mail, les informations
confidentielles, en avant-première.

Le magazine en numérique

Recevez le magazine TelQuel en format
numérique en avant première.

Abonnement 100% numérique, à partir de 10DH le premier mois, puis 49DH par mois.