Mohamed Benchaaboun détaille son "small business act" pour les PME devant la CGEM

Lors d'une intervention à l'université d'été de la CGEM, le 29 septembre, le ministre de l'Economie a expliqué vouloir établir un "small business act", dont l’objectif est un meilleur accès aux fonds de garanties de la CCG ainsi qu'un renforcement des fonds propres à travers les dettes subordonnées.

Par

Mohamed Benchaaboun au centre) Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Nous avons besoin d’accélérer le rythme de la croissance. C’est la priorité du moment, » a déclaré Mohamed Benchaaboun le 29 septembre lors d’une intervention à l’Université d’été de la CGEM à Casablanca, l’une de ses premières prise de paroles publique depuis qu’il a pris ses fonctions de ministre de l’Economie et des Finances en août. Celui qui présentera prochaine son projet de loi de finances 2019 (PLF), a également listé ses trois principaux  leviers d’actions pour parvenir à ses fins : le remboursement de la TVA, les délais de paiement et l’accès au financement des PME.

Ils listent notamment les mesures urgentes à introduire dans le PLF 2019 pour encourager et appuyer la PME. Première annonce : son projet d’annonce  se fera à travers un « Small Business Act, » une loi qui permet de regrouper l’ensemble des avantages qui concernent la PME. Le président de la CGEM Salaheddine Mezouar avait fait figurer la mise en place d’un tel « Act » faisait partie de ses promesses de campagne.

Ainsi, et en collaboration avec la Caisse Générale de Garantie (CCG), le ministre a présenté son projet pour refonder les mécanismes de garanties existants. Au nombre de douze aujourd’hui, le ministre compte les ramener à deux : un fonds de garantie pour la trésorerie et un fonds de garantie pour l’investissement. Cela permettra selon lui de faciliter l’accès à ces fonds et de mieux communiquer avec l’administration.

Le taux de garantie ainsi que les conditions d’accès, parmi lesquelles les commissions prélevées, seront réduites en fonction de l’amélioration de la gouvernance au sein de la PME. L’appréciation de cette gouvernance ne se fera pas par l’Etat, mais par des prestataires externes et des commissaires au compte, a indiqué le ministre.

Autre volet de son projet de réforme, la mise en place de mécanismes qui améliorent les fonds propres des PME.  « 90% des PME sont sous-capitalisées. Nous avons donc pensé à mettre en place un mécanisme qui permet, non pas de rentrer dans le capital de ces entreprises, car ce n’est pas toujours souhaité par les propriétaires des PME souvent familiales, mais de mettre en place quelque chose qui ressemble aux fonds propres, » a expliqué le ministre.

Ce renforcement de capital se fera sous forme de dettes subordonnées, c’est-à-dire des dettes sur le long terme, qui ne sont remboursées qu’après toutes les autres dettes.Une mesure qui permettra d’améliorer la structure bilancielle, selon Mohamed Benchaaboun

Autre cheval de bataille du ministre des Finances, l’accès au financement des TPE. « Une partie de la TPE est gérée par le système bancaire, une autre par les associations de micro-finance. Or, la micro-finance est plafonnée à 50.000 dirhams et on se retrouve avec une centaine de milliers de TPE qui sont dans un no man’s land, une situation dans laquelle ils ne peuvent être financés ni par l’Etat ni par les associations de micro-crédit, » s’est lamenté le ministre. Pour remédier à cela, Mohamed Benchaaboun compte introduire une modification de la loi qui permettrait de relever ce plafond pour qu’elles puissent être également financées par les organismes de micro-finances.