Mounia Bennani Chraïbi : “Le Palais ne semble plus entrevoir d'autre alternative qu'ériger l'armée en défenseur du Trône”

Auteure de plusieurs études sur les jeunes et les mouvements sociaux, la politologue contextualise les rapports entre le pouvoir et la jeunesse pour mieux comprendre la réinstauration du service militaire et la grâce royale accordée aux détenus du Hirak.

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Auteure de plusieurs études sur les jeunes et les mouvements sociaux, la politologue contextualise les rapports entre le pouvoir et la jeunesse pour mieux comprendre la réinstauration du service militaire et la grâce royale accordée aux détenus du Hirak.

  Le pouvoir a-t-il récemment changé de stratégie face aux vents de fronde sociale ? Comment cette stratégie a-t-elle historiquement évolué ? Désormais, la scène politique officielle se révèle inapte à jouer le rôle de désamorçage des tensions qui lui a été attribué il y a quelques décennies. Dès lors, les réajustements se font à la marge et se réduisent à des limogeages. Pourtant, depuis l’indépendance, les dynamiques protestataires impulsent régulièrement une reconfiguration du jeu politique officiel, dans un sens comme dans un autre. Dans le sillage des événements de 1965, Hassan II dissout le parlement et proclame l’état d’exception ; il ne peut pas compter sur une vraie majorité pour gouverner à sa guise.

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